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Cannibales Farce d’Emanuelle Destremeau

par Gilles Costaz

Désir de paternité

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Au lit, à table, dans la cuisine, à travers l’appartement, un couple se pose des questions. L’homme, surtout, a des comportements étranges. Il tente quelque chose de différent chaque jour, dans chaque scène. Pourquoi, par exemple, chamboule-t-il tout le logement et mure-t-il même la salle de bain ? Mais elle aussi n’est pas banale. Pourquoi essaie-t-elle tant de robes dans la première scène ? En fait, Billie et Joseph désirent avoir un enfant. Ils ne s’y prennent pas de la façon la plus naturelle qui soit. Ils croient à toutes sortes de pratiques anciennes réhabilitées par des pensées modernes. Ils font confiance à la fois à la magie et à la science, et ils sont toujours à côté de la bonne solution. D’autant plus que Joseph, qui est blanc, a tendance à se prendre pour un noir, cultivant sans doute le complexe de ne pas être un homme de couleur.
La farce d’Emmanuelle Destremeau est surtout cannibale par son titre. Elle dévore tout cru nos fausses pensées, nos certitudes dans le « New Age », notre confiance dans les modes de vie recommandés par les magazines. La pièce est orchestrée en scènes qu’on peut apprécier comme des sketches, dont la continuité finit par conter l’histoire et le destin malencontreux d’un couple prétendument heureux. Cet humour d’un absurde où mijotent une observation féroce de notre société et une connaissance un peu psy de l’humanité, la fameuse compagnie Hercub’ s’en empare avec bonheur. Michel Rustin a ajouté un personnage, qu’il joue lui-même et qui est, malicieusement, un fantasme ou un fantôme. Peu d’éléments, sauf une énorme armoire frigorifique. C’est surtout, grâce à une mise en scène précise et d’une intelligente placidité, le rythme tranquille des conversations qui dégage peu à l’énormité, la folie de ce que ce couple dit et fait. Bruno Rochette et Sylvie Rolland ont un merveilleux comportement de noctambules certains d’être normaux et éveillés. Voilà une nouvelle réussite d’Hercub’ autour d’une œuvre hilarante d’Emmanuelle Destremeau.

Cannibales Farce d’Emmanuelle Destremeau, mise en scène de Michel Burstin, scénographie et lumière de Jack Percher, costumes d’Elise Guillou, accessoires de Michelle Fuzellier, avec Michel Burstin, Bruno Rochette et Sylvie Rolland.

Théâtre Girasole, 15 h 20, tél. : 04 90 89 82 63, jusqu’au 27 juillet. (Durée : 1 h 15). Texte aux éditions Le Bruit des autres.

Photo DR.

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