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Critiques / Théâtre

Cahin-Caha de Serge Valletti

par Gilles Costaz

Dialogue fratricide

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Cahin et Caha ne montent pas dans un bateau mais avancent en duo dans un no man’s land. Ils discutent ferme, jusqu’à faire monter le ton, jusqu’à se menacer. Mais qui sont-ils ? Pour le metteur en scène David Gery, qui dévoile le pot aux roses dans le programme, ils sont en fait les deux faces de l’auteur Serge Valletti : l’acteur qui sommeille en lui (et il sommeille peu face aux abondants textes qui sortent de la plume de son double) et l’écrivain qui produit son théâtre à coups d’inspirations, de contradictions et de pannes. Du coup, on pourrait inverser les personnages et faire tourner ce dialogue fratricide, comme « une pièce infinie », dit Valletti.

Cet absurde entretien est irracontable mais, dans la mise en scène musclée et malicieusement hagarde de Géry, il est tout à fait bien raconté. Christian Drillaud est le plus sage, le plus songeur, le plus solide de ces deux boxeurs du dialogue. Claude Guyonnet – car c’est lui que nous avons vu dans un rôle également joué, en alternance, par Olivier Cruveiller – est le plus fou, le plus cogneur. Ce grand moment de loufoquerie moderne, fait pour des clowns rétifs aux clowneries, nous rappelle – pour ceux qui ne le sauraient pas ou l’auraient oublié – que Valletti est l’un de nos plus grands auteurs mais parfois déclassé au baromètre des agents de change littéraire parce qu’il fait rire comme personne.

Cahin-Caha de Serge Valletti, mise en scène de David Géry, avec Olivier Cruvellier (en alternance avec Claude Guyonnet) et Christian Drillaud. Lucernaire, tél. : 01 45 44 57 34, 21 h, du mardi au samedi. (Durée : 1 h).

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