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Blanche Rhapsodie

par Gilles Costaz

Un film sur feue l’Ecole de la rue Blanche

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L’Ecole de la rue Blanche, qu’on appelait plus simplement « la rue Blanche » ou « Blanche », a été, de 1944 à 1997, un lieu de formation d’une grande importance, un tremplin considérable pour l’art dramatique. Les plus grands acteurs français y sont passés, qu’ils fassent ensuite le Conservatoire ou qu’ils s’en dispensent. En 1997, le ministère de l’Education a transposé l’école à Lyon où elle est devenue l’ENSATT, c’est-à-dire autre chose. La profession s’est mobilisée pour sauver le bel hôtel particulier qui l’abritait, avec l’espoir d’ y faire vivre une nouvelle activité théâtrale. Dans ces cas-là, l’argent est toujours le plus fort. L’immeuble doit devenir une salle de sports et de restauration « chic », mais les travaux ne sont toujours pas terminés. L’une des anciennes élèves, la comédienne Claire Ruppli, a pu retourner dans l’ex-école, laissée à l’abondon, en 2013, en compagnie d’autres artistes et techniciens qui avaient fait là leur envol, quelle que soit leur génération. Elle y a réalisé un film qui, après être passé dans de nombreux festivals, sort en salles ce mois-ici : un très beau documentaire dont toutes les séquences ont une âme.
« Chez chacun, inconsciemment ou non, Blanche a marqué un passage qui a déterminé l’entrée dans la carrière, dit Claire Ruppli. Les premiers balbutiements dans le métier, dans un lieu à taille humaine, et à une époque où tous les espoirs s’entrevoyaient plus simplement qu’aujourd’hui. Cet "esprit de Blanche" un peu désuet reste unique en son genre, on pourrait penser à ces écoles prônant la méthode Freynet ou Montessori, où l’élève créatif est rendu autonome, ouvert, curieux, et dont on attise la volonté et l’appétit du métier. Blanche a une image un peu rétro, elle s’est installée pendant la Deuxième Guerre mondiale, sauvant également des jeunes destinés au service du travail obligatoire. Mais qui ne se souvient pas de son passage au 21 rue Blanche : même si la carrière a amené les plus connus vers des destinées que l’on sait, chacun revient avec une émotion belle des premiers émois du métier. Il suffit de revisiter le bâtiment très longtemps après pour certains pour comprendre qu’en fait, oui, Blanche était importante pour eux et a marqué la suite de leur parcours... »
Discrète, dans ce lieu devenu fantomatique, un peu sali, un peu brouillé, un peu cassé, Claire Ruppli ne se montre pas. Elle fait parler ceux qui étaient là autrefois. Il n’y a plus d’agitation passionnée, mais des souvenirs émus, rieurs et fondamentaux. Tous ces témoins, de Muriel Mayette à Marlène Jobert, de François Morel à Marcel Bozonnet, brassent leur passé sans tristesse mais dans un brin de mélancolie. Le théâtre, par nature fugitif, ne s’enfuie pas totalement devant une caméra goûteuse du passé éveillé par le présent, celle de Claire Ruppli.

Blanche Rhapsodie, un docmentaire réalisé par Claire Ruppli (74’). àvec la participation de Marlène Jobert, Guy Bedos, Denis Lavant, Myriam Boyer, Danielle Ajoret, Murielle Mayette-Holtz, Michel Aumont, Irène Jacob, Jacques Weber, Rufus, François Morel, Maria de Medeiros, Koffi Kwahulé, Yann Colette, François Bourcier, M.F. Ionesco, Dominique Besnehard, Marcel Bozonnet, Jean-Christian Grinevald, Jean-Daniel Vuillermoz, Pierre-Jean Larroque, Anne Bourgeois, Georges Banu....

Studio Saint-André des Arts, Paris, 14 séances du 14 mars au 26 mars, puis les 3 au 10 avril. (Divers rencontres : Myriam Boyer et Jean-Marie Galey pour le 14 mars, Anne Bourgeois le 15 mars, Yann Collette le 16 mars, Guy Bedos le 17 mars, François Bourcier le 19 mars...)

Photo DR : François Morel.

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