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Critiques / Musique

Audimat de Tancrède et Fabrice Lehman

par Caroline Alexander

Chansons et loufoqueries pour une drôle de guerre des chaînes

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En cette période de fêtes où le plaisir et la détente sont maîtres mots, cet Audimat, version musicale et loufoque d’une guerre de chaînes télé tombe à pic. Non seulement il est drôle et décapant mais sa reprise au Trianon cette dernière semaine de décembre – après une première série de représentations début novembre - fait écho à certaines dispositions prises en matière de publicité et de présidence de l’audio-visuel public.

Le clin d’œil est involontaire sans doute car les protagonistes de cette joyeuse satire du monde télévisuel font partie de ces fictions dont les modèles ont ici ou là un petit air vaguement connu. « Téléslige », dirigé par monsieur Slige et « Show 7 » présidé par monsieur Chaussette se font une concurrence sans merci, basée exclusivement sur les sondages effectués auprès des spectatrices de moins de cinquante ans échantillonnées selon la couleur de leurs coiffures, blondes, rousses ou noires. Mediatrop, l’institut de sondage en question est tenu d’une main de fer par madame Serpentin, grande bringue un peu nymphomane et qui, comme son nom l’indique, aime louvoyer d’un bord à l’autre. Les temps sont durs pour la pauvre Slige dont la cote plonge en chute libre, alors que le frétillant Chaussette grimpe aux cimes de popularité. Grâce à la brune, pulpeuse, ravissante Violette, animatrice adulée des dames sondées... Comment et à quel prix transférer la star de l’audimat d’une chaîne à l’autre ? C’est toute la question… et le ressort de la série de rebondissements qui alimentent tambour battant ce « musical » aussi caustique qu’hilarant.

Toute la troupe a du pep et du swing

Le chanteur Tancrède en a eu l’idée après s’être frotté à quelques pointures du PAF lors du lancement de l’un de ses albums. Son frère Fabrice Lehman lui tricota un livret sur mesures. La réalisation fut confiée à Stéphane Druet, un pro en matière de fantaisie, metteur en scène, entre autres, de la compagnie des « Brigands » (Le docteur Ox, Ta Bouche, Toi c’est moi), le décor à transformation simple et efficace à Gilles Jauffret. Les costumes portent la griffe de Elisabeth de Sauverzac, autre « pensionnaire » des Brigands dont les robes irrésistibles font virevolter les filles de cet Audimat qui fait valser les têtes pleines de vent et grincer les rouages de dessous politiques. Frédéric Norbert, rondeur savoureuse qui danse et qui chante est Slige, François Briault en Chaussette-tête à claque fait, Valérie Zaccomer en sondeuse folle de son corps (et de celui de Slige), Amala Landré en Violette sexy, Sinan Bertrand, Alice Decelle et les trois sondées, Alma de Villalobos, Laurie May et Cécile Nodie : toute la troupe a du pep et de swing.

Il n’y a pas d’orchestre, les musiques de Tancrède sont préenregistrées et s’ébrouent naturelles, comme surgies d’une fosse. Il y a du jazz bien sûr dans les rythmes mais aussi des couleurs tango, et la nostalgie des chansons des aînés. Quand le rideau tombe sur l’énigme de la femme à tête d’homme, suprême gag de la soirée, on a le sourire aux lèvres et des envies de danser dans les jambes.

Audimat, comédie musicale de Tancrède (musique et lyrics) et Fabrice Lehman (livret), mise en scène Stéphane Druet, chorégraphie Alma de Villalobos, décors Gilles Jauffret, costumes Elisabeth de Sauverzac, lumières Nicolas Dallier. Avec Frédéric Norbert, Valérie Zaccomer, Sinan Bertrand, François Briault, Amala Landré, Alice Decelle, Alma de Villalobos, Laurie May, Cécile Nodie

Le Trianon, du 23 au décembre à 20h30– 01 44 92 78 04

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