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Critiques / Théâtre

Au bonheur des hommes de Jean-Marie Lecocq et Clarisse Catarino

par Gilles Costaz

Swings politiques

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Des gitanes en scène ! La soirée commence avec l’arrivée de trois belles chanteuses et musiciennes aux allures de roms : c’est le premier défi à Sarkozy et autres Hortefeux !

Justement, le cabaret de Lecocq et Catarino pose tout de suite la question de l’ « identité nationale ». Ces gitanes sont sans papiers et l’on va passer à la broche les arguments de la droite extrême pour mieux chauffer ce cabaret très théâtral où trois acteurs jouent et chantent dans un esprit de rébellion bon enfant et grinçant à la fois.

Jean-Marie Lecoq est l’homme fort de l’ensemble : il a écrit, il joue, il mène la revue avec sa belle présence rabelaisienne. Il plaide pour « le bonheur des hommes », parce qu’il se soucie de l’humanité tout entière, en satiriste touché par le discours écologique. « Demain la terre dira aux hommes / Ne vous battez plus pour ma pomme / Moi la planète je saurais bien / M’en débrouiller sans les humains / Ce n’est pas moi qu’il faut sauver / C’est vous. Sauvez-vous ! », fait-il dire à la terre, en guise de conclusion, tandis qu’un globe gonflable et gonflé (comme le spectacle) occupe la scène. Il a plus confiance en ses concitoyens qu’en celui qu’il appelle Nicolas Mulot.

Les attaques sont chansonnières. Tantôt brillantes, tantôt faciles. La parodie appelée « Questions pour un cageot » n’est pas ce qu’il y a de meilleur. Mais il y a des moments de très grand pamphlétaire, comme la chanson sur les riches et les pauvres et le texte qui met toutes les religions sur le même plan, Nom de Dieu.

Véronique Ataly, Christian Gaitch et Jean-Marie Lecoq se baladent dans cet univers de fantaisie politique, où il est aussi question du cochon et des pets de vaches, en jouant sur leurs personnalités contrastées et complémentaires. Les artistes, les mots et les messages swinguent bien. C’est une cure de bonne humeur pour soigner et alimenter nos fureurs.

Au bonheur des hommes, textes de Jean-Marie Lecocq, musiques de Clarisse Catarino, mise en scénographie de Philippe Quillet, arrangements vocaux de Clémence Lévy, costumes d’Anne Ruault, avec Véronique Ataly, Christian Gaitch, Jean-Marie Lecocq et le groupe Djazz’Elles : Clarisse Catarino, Eva Slongo, Anne Gouraud-Shrestha. Lucernaire, 21 h 30, tél. : 01 45 44 57 34, jusqu’au 9 octobre (durée : 1 h 15).

Photo Serge Dangleterre

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