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Critiques / Théâtre

Apolliinaire, mes amours #1

par Gilles Costaz

L’âme du poète

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Triste vie pour un poète : les tranchées de la guerre de 14, l’attente du courrier dans le froid, les combats qui font tant de victimes et cet obus qui frappe Guillaume à la tête… Mais aussi les déplacements par le train, du front à l’hôpital, de l’Est au Midi… Christian Sterne et Pierre Garin ont conçu un spectacle vagabond qui se promène dans la vie et les textes d’Apollinaire. D’ailleurs Sterne et son partenaire musicien, Pascal Ducourtioux, sont assis de dures banquettes de bois qui évoquent un train en marche. Des photos défilent parfois sur le mur du compartiment, et ce sont surtout les portraits des femmes que l’écrivain a aimées : Lou, Madeleine... D’ailleurs, l’une d’elles était d’abord une inconnue rencontrée dans un train. Poèmes et lettres se succèdent. « Sous le pont Mirabeau, la Seine », mais aussi bien des messages d’amour, lourds de l’espoir incertain d’être aimé, adressés parfois à deux femmes différentes en même temps. Le temps passe. Apollinaire se croit guéri, ses livres paraissent, on lui rend hommage. Mais il mourra vite, si vite, à 36 ans.
Ce n’est pas un récital où il y aurait un diseur d’un côté et un musicien de l’autre. Le comédien, Christian Sterne, dit la majorité des textes mais son voisin, Pascal Ducourtioux, qui joue du clavier, du xylophone et de la guitare, peut aussi dire quelques poèmes. La musique comme les mots circule. Le climat est doux et songeur. L’âme d’Apollinaire vibre dans ses différentes notes. Les poèmes sont caressés par le grain grave de la voix de Sterne, la musique poussent les mots vers plusieurs rythmes, classiques et modernes. Les deux hommes se regardent, s’observent, s’écoutent, jouent, amusent un peu, émeuvent beaucoup. Leur complicité donne sa singularité au spectacle qui donne ainsi des prolongements multiples à la poésie, la fait entendre dans un riche rebond de ricochets. Christian Sterne semble effleurer la littérature pour mieux l’atteindre en profondeur. Ce n’est pas sans doute un hasard s’il porte un nom d’oiseau au long cours et si sa compagnie s’appelle les Fous de bassan ! Tout est élégant, même au cœur de l’orage.

Apollinaire, mes amours #I d’après les poèmes et la correspondance de Guillaume Apollinaire, adaptation de Pierre Garin, mise en scène de Christian Sterne, décor de Dominique Emard et Claude Marchand, musique de Pascal Ducourtioux, avec Christian Sterne et Pascal Ducourtioux.

Théâtre Darius Milhaud, le mardi à 19 h, tél. : 01 42 01 92 26, jusqu’au 22 décembre. (1 h 10).

Photo : compagnie Les Fous de bassan !

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