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Critiques / Théâtre

Anaïs Nin, une de ses vies de Wendy Beckett

par Gilles Costaz

Des Américains à Paris

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Le Journal d’Anaïs Nin témoigne de la liberté explosive d’une femme : amie d’Henry Miller et et de Lawrence Durrell, elle sut casser la morale bourgeoise, participer au courant d’émancipation des années 30-40 et écrire une œuvre importante. Wendy Beckett, auteure australienne (qui écrit comme avant Beckett, son homonyme, d’une façon narrative très classique) a composé une pièce qui s’inspire de ce fameux Journal et se consacre sur un épisode parisien. Anaïs s’installe dans la capitale française et rend visite à un jeune compatriote, Miller. Coup de foudre aussi sensuel que littéraire. Mais l’amie de Miller, Henry, tombe elle aussi amoureuse de la belle Anaïs. Celle-ci passe des bras de l’une à l’autre, avec sans doute une passion plus brûlante pour Henry… Mais on ne touche pas à son indépendance ! Elle saura se préserver de ses envahisseurs, au milieu de son appartement où elle vit, farouchement seule, avec une presse à imprimer…
Oui, l’écriture de Wendy Bckett est, dans sa tranquille mise en place des événements, un peu surannée. Mais elle compense cet académisme de magazine par un soin extrême des données visuelles : le décor reprend les courbes des années 20, les tenues sont élégantes et nombreuses, un gramophone vient ajouter sa touche rétro à celle déjà donnée par cette presse à imprimer qui fonctionne. Dans ce climat très chic, l’interprétation crée peu à peu un véritable envoûtement. Célia Catalifo est une Anaïs Nin de grande allure, songeuse et physique, aux émotions et aux pensées dessinées sur un visage très mobile. Laurent Maurel s’empare du rôle d’Henry Miller sans prudence, avec fougue, et il a raison ; son Miller jeune est bondissant, truculent et profond. Laurent Dolce assure avec brio les deux rôles du psy et du père. Mathile Libbrecht joue la compagne érotomane de Miller dans une belle présence carnivore. On est entre l’incendie et le papier glacé ; quel que soit le goût qu’on y trouve, c’est de la belle ouvrage.

Anaïs, une de ses vies, écrit et mis en scène par Wendy Beckett, assistée de Diana Iliescu Vibert, traduction de Park Krausen et Christof Veillon, scénographie et conception graphique Halcyon Pratt, création costumes de Sylvie Skinazi, création lumières de François Leneveu, création sonore de Thomas Ray, création projections et création sonore adjoint de Sébastien Angel, sculptures papier de Li Hongbo, avec Célia Catalifo, Laurent d’Olce, Mathilde Libbrecht , Laurent Maurel.

Athénée Louis-Jouvet, tél. : 01 53 05 19 19, jusqu’au 30 mars. (Durée : 1 h 55).

Photo Emilie Brouchon.

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