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Critiques / Théâtre

A vol d’oiseau de Marc Bassler et Philippe Sohier

par Gilles Costaz

A boulets rouges

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Une maison perdue dans la nature. L’homme qui l’habite en solitaire est un heureux misanthrope, si tant est qu’un misanthrope peut être heureux. Il ne veut voir personne. Pas de chance, on frappe à la porte. Entre une femme qui dit être victime d’une panne de voiture. Elle voudrait téléphoner. Mais l’homme assure qu’il n’a pas le téléphone. C’est un ours de la plus belle espèce. Il a tout de l’homme des bois négligé. Elle est au contraire d’une élégance apprêtée : elle est tirée à quatre épingles, impeccable et sans fantaisie. A toutes les prières et questions de l’inconnue le taciturne oppose la plus parfaite rusticité. Non, il ne peut rien faire. Non, il n’y a pas de voisin. Non, pour trouver un garage, il faudrait marcher pendant des kilomètres. Non, il ne peut rien pour cette passante égarée. Non, il n’aime pas ces femmes type voyageuse professionnelle. D’ailleurs, il en veut aux femmes. C’est dans cette misogynie, ou plus un amour des femmes qui a viré à la souffrance, que réside le secret de cette confrontation. Car la rencontre de ces deux personnages n’est peut-être aussi impromptue, aussi due au hasard qu’elle n’a semblé l’être. Des sentiments secrets se font jour sous la discussion à boulets rouges.
« Comédie mais pas que », précise le sous-titre. Il y a, en effet, une vraie profondeur dans le texte de Marc Bassler et Philippe Sohier, et une volonté de parler de ce qu’on n’évoque pas souvent, la fragilité des hommes et leurs blessures quand ils ont été abandonnés. La mise en scène de Sohier n’en joue pas moins la carte de la comédie efficace. Elle sollicite les rires et les obtient, tandis que le jeu de Delphine Zana, tout en nerf, et celui de Marc Bassler, tout en placidité, compose un contraste tout à fait savoureux. Quelque chose passe, sous le style de franche de rigolade qui met dans le mille, et fait espérer, pour plus tard, des œuvres plus ambitieuses.

A vol d’oiseau ça fait combien ? de Marc Bassler et Philippe Sohier, mise en scène de Philippe Sohier, avec Delphine Zana et Marc Bassler.

Petit-Hébertot, les lundi et mardi, 21 h, tél. : 01 42 93 13 04, jusqu’au 26 avril. Texte aux éditions Art et Comédie. (Durée : 1 h 20).

Photo Didelattre.

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1 Message

  • A vol d’oiseau de Marc Bassler et Philippe Sohier 13 janvier 2016 16:52, par Claude LAUCOURNET

    Monsieur bonjour,

    Directeur artistique de la compagnie AURORE située à Paris 20, je souhaiterais savoir si je peux espérer avoir votre autorisation pour jouer au festival off d’Avignon 2016 au théâtre de l’étincelle votre pièce " A VOL D’OISEAU, ça fait combien ?". Nous sommes présents à Avignon depuis 15 ans et nos dernières pièces présentées étaient : Chocolat piment, André le magnifique, Sur un air de tango, Le grand retour de Boris S, etc....
    Si vous êtes OK je demanderai l’autorisation via la SACD avec l’exclu. Si pour une raisons quelconque vous ne pouvez m’accorder les droits, ne tarder pas à me le faire savoir afin que je puisse prévoir un autre spectacle.
    En tout cas j’aime beaucoup votre pièce, elle est très drôle et très bien écrite.
    Dans l’attente. Très cordialement.
    Claude Laucournet. claude.laucournet gmail.com 06 12 31 38 81

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