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Critiques / Théâtre

La Parisienne d’Alexandrie d’Isabelle de Botton

par Gilles Costaz

Une petite fille, de l’Egypte à l’exil

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Isabelle de Botton nous est familière, comme une actrice originale, qui nous fait rire et qui, à l’intérieur d’une distribution, affirme une présence forte, décalée, à forte teneur méditerranéenne ! Elle livre à présent sa face cachée, qui n’est pas inattendue, puisque la Méditerrannée, l’Orient en sont le cadre. Dans La Parisienne d’Alexandrie, dont elle l’auteur, c’est son enfance qu’elle dévoile, celle d’une petite fille qui grandit en Egypte et va devoir partir à Paris, avec sa famille. Elle a 4 ans quand son père est arrêté, puis relâché. Elle a 8 ans quand tous doivent faire leurs bagages. Leur crime, c’est d’être juifs. A partir de 1956, le président Nasser ne veut plus de cette communauté, qui, pourtant, vit depuis des siècles en harmonie avec la population arabe, en un temps où la tolérance est encore une attitude majoritaire. Mais la famille s’en ira à Paris. La gamine a beau croire qu’Alexandrie était en Europe, le dépaysement est grand, et les Parisiens n’ont pas le comportement des Egyptiens…
Dans sa mise en scène très graduée, Michèle Bernier a su faire disparaître les risques de one woman show. Il y a un décor, un climat, des allées et venues, des arrière-plans et des gros plans, jusqu’à des pâtisseries orientales. Isabelle de Botton sait fort bien traverser les temps d’inquiétude et les moments de drôlerie. Son double, cette petite fille qu’elle ressuscite à partir de ses souvenirs, comprend sans comprendre ce mode en train de changer et nous balade dans la saveur de ses erreurs. Le message final, très oecuménique, appel à la fraternité universelle, est peut-être trop explicatif, tant il est contenu dans ce récit nourri de tant de tendresse et du goût des autres (quels beaux portraits de familles !). Isabelle de Botton, dont on connaît plutôt le divertissant culot en scène, parcourt là les zones de la sincérité, de l’émotion, des blessures intimes, sans rien perdre de cette malice qui fait exploser l’esprit de sérieux. Elle nous enveloppe avec de jolis battements de cœur dans une page d’Histoire qui est n’appartient toujours pas au passé.

La Parisienne d’Alexandrie d’Isabelle de Botton, mise en scène de Michèle Bernier, assistanat de Sophie Deschamps, décor de KoKo, lumières de Jean-François Robin, musique de Marc Deschamps, avec Isabelle de Botton.

Comédie-Bastille, le mardi à 19 h, tél. : 0148 07 52 07, jusqu’au 27 décembre. (Durée : 1 h 20).

Photo DR.

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