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Critiques / Danse

Flexible silence de Saburo Teshigawara

par Yves Bourgade

Une chorégraphie en équilibre entre les notes

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La danse contemporaine japonaise ne se limite pas au butô, comme en témoigne Saburo Teshigawara qui a créé et présente dans la grande salle du Théâtre national de Chaillot à Paris Flexible Silence , une chorégraphie qui s’appuie sur les partitions jouées en direct de deux compositeurs majeurs du XXe siècle, le Japonais Toru Takemitsu (1930-1996) et le Français Olivier Messiaen (1908-1992).
Le défi apparent était de faire cohabiter des musiques différentes certes, mais dont une source d’inspiration, la nature, est commune, ce qui amène ce danseur et chorégraphe japonais à déclarer : « Les œuvres de Takemitsu et de Messiaen libèrent la danse en ouvrant la voie à un monde inconnu ».Le mot silence figure dans le titre de sa pièce « car, dit-il, la beauté de la musique nous rapproche de la nature et, grâce à elle, nous pouvons ressentir le silence. Pour moi, le silence peut être obtenu en écoutant la musique ».
Ce qui n’empêche pas Teshigawara (un habitué de Chaillot depuis 2006) de danser parfois dans le silence le plus total, ne négligeant jamais pourtant les éclairages pour la mise en valeur des corps (revêtus de pantalons et de tuniques le plus souvent noirs et amples) et de l’espace. Il signe en effet outre la chorégraphie, les lumières, le décor et les costumes). L’étude des arts plastiques a accompagné d’ailleurs chez lui celles de la danse occidentale et du mime, ce qui l’amène à être invité par les grandes institutions européennes dont le Ballet de l’Opéra de Paris. Pour Flexible Silence , une suite de courtes pièces en solo, duo, trio, quatuor etc…, il est rejoint par cinq autres danseurs.de son groupe japonais Karas
Selon les pièces, en arrière plan sur le plateau dans un halo de lumières discret, prennent place, sept musiciens de l’Ensemble Intercontemporain et trois élèves instrumentistes du Conservatoire national supérieur de musique de Paris (en formations diverses pour les partitions de Takemitsu) ainsi que trois ondistes Martenot pour la partition aux flux vibratoires de Messiaen Fêtes des belles eaux
Cette proximité des musiciens favorise une perception de la musique « à fleur de peau » par les danseurs. On pourra seulement regretter une répétitivité des gestes à la longue lassante, bien que favorisant l’ondoiement heureusement séduisant des corps. Le danseur chorégraphe parle d’ailleurs de son œuvre comme d’un fleuve dont l’écoulement des eaux ne s’arrête pas.

Saburo Teshigawara et l’Ensemble Intercontemporain dans Flexible Silence.

Chaillot, 24, 25, 28 février , 1er et 3 mars à 20h30, 26 février à 15h30, 2 mars à19H30, durée 1h40, places à 35€ .

Photo ©Akihito Abe

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