Accueil > Y Olè ! de José Montalvo

Critiques / Danse

Y Olè ! de José Montalvo

par Yves Bourgade

Mariage du zapateado, du hip hop et de Stravinsky

Partager l'article :
Version imprimable de cet article Version imprimable

José Montalvo est fidèle à la démarche qui, dès ses débuts dans les années 80, a fait son originalité : il demeure avec son ballet Y Olé !, un adepte du métissage en danse et n’oublie pas qu’il reste fils de réfugiés espagnols, dans le sud-ouest de la France, à l’époque du franquisme.
Au terme d’une tournée, ce spectacle plein de vie, optimiste malgré tout, fait étape à Paris au Théâtre national de Chaillot jusqu’au 20 janvier 2017. Le spectacle est en deux parties : le chorégraphe y propose sa version, très personnelle et convaincante du Sacre du Printemps de Stravinsky, dans la première partie. Cette dernière est suivie, sans entracte, par une deuxième partie qui est nourrie des réminiscences de l’univers de son enfance marqué par un flamenco nostalgique et salvateur.
Peut-être eut-il été préférable d’inverser, la deuxième partie permettant de mieux comprendre les options dansées du Franco-Espagnol José Montalvo pour le Sacre du printemps ?
Le point commun des deux parties est l’habile utilisation d’une grande variété de techniques de danse, contemporaine, hip hop, flamenca principalement dans Y Olé !. Le chorégraphe n’a pas oublié pour autant ceux qui furent ses maîtres avec lesquels il confesse conserver un « dialogue intime », de Jerome Andrews à Merce Cunningham, en passant par Françoise et Dominique Dupuy, Lucinda Childs, Carolyn Carlson et Alwin Nikolais.

Son Sacre du Printemps , contrairement à d’autres versions de cette pièce et notamment celle de la création originale, est « une célébration exubérante de la vie », d’une extrême sensualité et nullement marquée par une quelconque pulsion de mort. La jeune fille élue pour cette fête du printemps, est voulue par Jose Montalvo « une élue heureuse qui crie encore et encore ». Le résultat est un mariage réussi de zapateados par des danseuses ayant ça dans le sang et de prouesses physiques masculines d’époustouflants hip hopeurs. On est presque étonné que le zapateado n’ait pas été plus tôt utilisé dans une interprétation dansée de cette musique de ballet.
Dans la deuxième partie de Y Olé ! , une autre originalité de José Montalvo s’affirme, son goût pour l’utilisation de la vidéo qui lui permet de suggérer des arrières plans à sa danse (un bord de mer agité par une légère marée, des barques, des visages de vieilles personnes, peut-être les visages des parents du chorégraphe). Cette deuxième partie suggère sur fond de chansons populaires flamencas et de castagnettes, les scènes et fêtes de son enfance où, grâce à la musique et la danse, la vie des Espagnols exilés en France pouvait être supportable.

Grande salle de Chaillot, 10, 11 , 13, 14, 17, 18, 2O janvier 2017, 20h30, 12 et 19 janvier 2017, 19h30, 15 janvier 2017, 15h30. Durée 1h10. Places 35€

Photos Y Olè © Patrick Berger

Le Mur d'affiches


Visitez le Mur d'Affiches...

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.