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Wajdi Mouawad en haut sur la Colline

par Jean Chollet

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Depuis la nomination de Stéphane Braunschweig à la direction de l’Odéon – Théâtre de l’Europe, en décembre dernier, son remplacement à la direction du Théâtre national de la Colline se faisait attendre, et semblait faire l’objet de mures réflexions et de tractations de la part du ministère de la Culture et de la Communication. Le départ de Fleur Pellerin et son remplacement par Audrey Azoulay, début février, n’ayant sans doute pas contribué à accélérer le processus, alimenté, comme de coutume, par les bruits de diverses influences et pressions au niveau de l’Etat.

Le verdict est tombé ce mercredi 6 avril, avec l’annonce de la nomination, entérinée par le Président de la République, comme il se doit pour chacun des Théâtres nationaux, de Wadji Mouawad, donné favori depuis le dépôt de candidatures de nombreux postulants, parmi lesquels Arthur Nauzyciel et Pascal Rambert, respectivement directeurs du CDN Orléans – Loiret et du Théâtre de Gennevilliers, arrivant en fin de mandat à la fin 2016, ou les metteuses en scène Anne Laure Liégeois et Julie Brochen.

Né le 16 octobre 1968 au Liban, Wajdi Mouawad a quitté sa terre natale huit ans plus tard pour fuir la guerre civile qui ravageait le pays. Après un passage en France, sans garantie de séjour, il émigre de nouveau en 1983 au Québec pour se fixer à Montréal, où il effectue des études littéraires et théâtrales et fonde en 1991, avec Isabelle Leblanc, le “Théâtre Ô Parleur“. Auteur, comédien, metteur en scène, plasticien, cinéaste, il se révèle outre-Atlantique, en particulier en France, avec ses pièces Littoral, Rêves, Incendies” et Forêts, qui témoignent d’une écriture originale foisonnante et lyrique et de son regard et ses questionnements sur les fractures tragiques du monde contemporain, guerres, exils, quêtes identitaires ou errances. De 2000 à 2004, il assume la direction du Théâtre de Quat’Sous à Montréal, puis fonde l’année suivante deux compagnies de création. L’une à Montréal, qu’il codirige avec Emmanuel Schwartz, “Abé carré cé carré”, l’autre à Paris “Au carré de l’hypoténuse ” dont les actions communes se conjuguent sur les deux continents. En 2007, Wadji Mouawad, prend la direction artistique du Théâtre français basé au Centre national des arts d’Ottawa, et collabore en parallèle avec le “ Théâtre d’aujourd’hui” de Montréal, exclusivement ouvert à la création québécoise. En 2009, appelé par Hortense Archambault et Vincent Baudrier comme artiste associé au Festival d’Avignon, il présente en intégrale dans la Cour d’honneur du Palais des papes de nouvelles versions de Littoral, Incendies et Forêts, et, aux Parc des Expositions de Châteaublanc, la quatrième partie qui compose Le Sang des promesses, Ciels. Actuellement on peut rencontrer un dernier témoignage de l’écriture de Wajdi Mouawad à l’occasion de l’un des volets qui composent Phèdre(s) dans la mise en scène de Krzysztof Warlikowski programmé à l’Odéon –Théâtre de l’Europe jusqu’au 13 mai 2016. La direction du Théâtre national de la Colline, lui offrira une nouvelle dimension en mesure de répondre à son éclectisme et à son dynamisme, à travers ses choix et initiatives ouvertes sur l’avenir.

Les pièces de Wajdi Mouawad sont publiées en France par Actes Sud - Papiers

Photo © Gérad Julien/AFP

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