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Critiques / Autres Scènes

Village de cirque

par Dominique Darzacq

Du risque, du rire, de la satire.

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Le nouveau cirque, ce n’est plus un secret, a su s’affirmer comme un art vivant qui ne se satisfait pas de la seule exhibition de ses muscles ou de son adresse. Il y joint la force de l’imaginaire, le frottement à d’autres vocabulaires artistiques et se fait pourvoyeurs d’univers. Mais comment faire connaître au grand public les richesses artistiques du nouveau cirque et la variété de ses styles quand il n’y a plus de chapiteau à Paris ?
En réalisant un véritable Village de cirque où grands et petits peuvent flâner et rencontrer des clowns, des acrobates, des jongleurs comme on rencontre son voisin de palier, où il est possible de se restaurer ou prendre l’apéro, avant ou après les spectacles, où, d’un chapiteau à l’autre, de spectacles atypiques en voltiges, d’humour en émois, il y a pendant tout un mois des découvertes à faire. C’est ce que répond, geste à l’appui, Rémy Bovis, organisateur de la manifestation et dynamique animateur de 2R2C ( en clair : de rue de cirque ) qui regroupe une quinzaine de compagnies de théâtre de rue et de cirque.
Pour sa cinquième édition, Village de cirque s’est plu à cultiver le contrepoint des générations. Au programme, notamment, une toute jeune troupe, issue du Centre national du cirque, la Compagnie « Galapiat ». Avec, Risque zéro, elle présente un spectacle où acrobatie au sol, mât chinois, jongle avec hache, trapèze… s’imbriquent étroitement à une partition musicale métissée d’influences allant de l’Afrique aux Balkans, de l’Inde à l’Amérique latine, un véritable opéra du risque à couper le souffle. (21 oct au 1er nov)

Pour donner le coup d’envoi des festivités circassiennes de la pelouse de Reuilly, Rémy Bovis a fait appel à un pionner du genre, le Cirque Baroque, qui fut dans les années 1970 - avec l’ex Cirque Aligre – un des premiers à rompre avec les formes canoniques du cirque traditionnel et à raconter des histoires dans lesquelles les numéros présentés sont liés par une mise en scène. Il s’installe au village avec, dans ses bagages, une nouvelle création, Le Cirque des gueux, aussi audacieuse qu’originale puisqu’il s’agit d’une adaptation de l’Opéra des gueux de John Gay qui, on le sait, inspira à Bertolt Brecht, L’Opéra de quat’sous. Persuadé « que l’expressionnisme de cette satire sociale de la société londonienne du XIIIe siècle est adapté au langage du cirque », Christian Taguet, le chef de troupe, a demandé à trois metteurs en scène et trois musiciens différents de concevoir chacun un des trois actes de la pièce et d’installer la cour des miracles et les bas-fonds londoniens, sans rien lâcher sur ce qui fonde l’art du cirque.
Ouvert à tous et pour tous, le « Village de cirque » se préoccupe aussi des plus petits. C’est la raison pour laquelle, Mme Françoise, égérie des Nouveaux Nez , a remis son nez rouge, son bonnet de bain rose, pour retourner à l’école et épeler avec Alpha Bête quelques savoureuses leçons de choses, elles « sont , dit-elle, comme des bestiaires, des chansons, des pièces montées ou dansées, qui nous racontent la magie éternelle de la découverte de la vie ». Les bambins, à partir de cinq ans, seraient bien inspirés d’inviter leurs parents, les occasions de rire en famille ne sont pas si fréquentes.(21oct –1er Nov)

Village de cirque du 1er octobre au 1er Novembre. Pelouse de Reuilly Paris 12e.
Tel 01 46 22 33 71.

crédit photo : Cirque des gueux, Philippe Cibille
Risque (0) : Nelly Sabbagh

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