Accueil > Valjean de et avec Christophe Delessart d’après Victor Hugo

Critiques / Théâtre

Valjean de et avec Christophe Delessart d’après Victor Hugo

par Dominique Darzacq

D’une intense humanité

Partager l'article :
Version imprimable de cet article Version imprimable

Valjean, de son prénom Jean, héros du roman de Victor Hugo. Entre lui et Christophe Delessart c’est affaire d’intime combustion, d’un long compagnonnage. Un héros d’enfance devenu au fil du temps et des lectures un incontournable et fascinant grand frère dont on veut s’approprier la force et l’âme. « Hugo décide à 15 ans d’être Chateaubriand ou rien. Moi je sais à cette époque que je serais Valjean ou rien » avoue le comédien qui, depuis sa première adaptation en 1987 déployée en sept stations, a remis sa Passion selon Valjean sur le métier, affiné son approche sous la direction d’Elsa Saladin qui signe la mise en scène.
Valjean est au soir de sa vie. Cosette, la perle de son existence qu’il a élevée comme sa fille, vient d’épouser Marius. Il est seul et décide d’écrire à son gendre pour lui révéler sa véritable identité et, à cette occasion, fait retour sur les avatars de son existence. Évoque le galérien condamné au bagne pour avoir volé un pain, son étape, à sa libération, chez l’évêque de Dijon, prélat humaniste, plein de mansuétude et qui lui aura, sans doute, servi de balise sur le chemin qui mène de la noirceur de l’âme à la lumière de l’amour, qui fera du forçat nourrit de haine le bon Monsieur Madeleine, maire de Montreuil. Il se remémore les temps forts de sa vie et ceux qui ont croisé sa route de fuyard ou d’homme libre, l’affreux Javert entêté à le démasquer, la misérable et bouleversante Fantine, l’ âpre au gain Thénardier à qui il rachète Cosette, Marius qu’il ramène blessé des barricades...
Dans un décor simple aux allures de cabinet d’écrivain avec sur la table un chandelier, la mise en scène, le gilet moiré du costume et la barbe du comédien brouillent les pistes et par de brefs instants, on se prend à croire que c’est Victor Hugo en personne qui nous raconte Jean Valjean.
Au fil des épisodes et des rencontres, le comédien, sans vraiment quitter son héros, joue certains personnages et fait ainsi glisser le texte vers l’anecdotique ce qui ne rend pas tout à fait justice à la puissance du verbe de Hugo, mais n’ôte pas l’intérêt de cette version intimiste des Misérables » qui atteint pleinement son objectif, celui de nous rendre sensible la formidable épaisseur humaine de Jean Valjean. S’y ajoute l’envie de se replonger dans l’épique et cette fabuleuse saga hugolienne, ce qui n’est pas non plus sans mérite.

Valjean d’après Victor Hugo, adaptation et jeu Christophe Delessart, mise en scène Elsa Saladin (1h15)

Théâtre Essaïon 19h30 du jeudi au samedi jusqu’au 19 janvier. (en version anglaise les vendredis) tel 01 42 78 46 42 www.essaion.com

Photo ©Laetitia Piccareta
.

Le Mur d'affiches


Visitez le Mur d'Affiches...

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.