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Critiques / Théâtre

Urgent crier ! Caubère joue Benedetto, de et par Philippe Caubère

par Corinne Denailles

Benedetto for ever

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Lors de la disparition d’André Benedetto en juillet 2009, en plein festival, Philippe Caubère avait souhaité organiser un hommage au directeur du théâtre des Carmes, à l’écrivain, au comédien et metteur en scène engagé corps et âme pour le théâtre et la poésie.

A l’époque cela n’avait pas pu se faire, mais on sait Caubère tenace, voilà donc qu’il prend seul en charge cet hommage en forme discrète de réhabilitation d’un artiste admiré entre tous, qu’il porte au pinacle de l’art et qu’il juge injustement méconnu : « entre AA (Antonin Artaud) et BB (Bertold Brecht), il y a AB... ». Puisant dans l’œuvre de Benedetto, le spectacle est construit autour de trois thématique, Vilar, Artaud et Marseille, et Gilles Sandier. Intercalés entre ces trois volets, des passages plus lyriques, proférés au micro sur fonds d’images d’archives rappellent les grandes (et moins grandes) heures de 68 où l’on aperçoit un beau jeune homme brun qui déclarait : « au festival je n’ai pas vu le peuple, je n’ai vu que des flics ». Caubère cultive joliment l’ambiguïté entre lui et Benedetto en employant un « je » qui efface la distance.

Ce brouillage avec lequel joue le comédien est aussi une manière touchante de dire son amitié indéfectible à travers une relation fusionnelle avec cet artiste engagé, ex-directeur du festival Off, qui n’a eu de cesse de défendre la place du théâtre dans la société avec un acharnement têtu rageur. La disparition de Benedetto c’est un peu une étoile qui s’est éteinte dans la nuit du théâtre et que Caubère s’emploie avec ferveur à faire briller de nouveau de tous ses feux dans sa maison même. Soulignons le beau travail de lumières de Philipe Olivier, dit Luigi et le grand talent du guitariste, musicien de formation classique qui excelle dans le registre rock’n roll et donne la pulsation du spectacle.

Urgent crier ! Caubère joue Benedetto, de et par Philippe Caubère. A Paris, maison de la poésie. Du mercredi au samedi à 20h, dimanche 16h. Durée : 1h40. Tel : 01 44 54 53 00.

Photo Michèle Laurent

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1 Message

  • Un spectacle décousu dans lequel scintillent de temps à autre de vraies pépites, mais englué dans une phraséologie soixante-huitarde ( on est dans le sujet...) qui m’a fait penser ici et là aux déconographies logorrhéiques de Léo Ferré en 68 et 69.
    Succession de tableaux sans lien, sans progression aucune, décousue, et souvent surjouée, on regrette la diction approximative de Caubère forçant de temps à autre, trop souvent, son accent. Des comparaisons qui ont dû faire Raimu se retourner dans sa tombe... que viennent faire de Funès et Préboist dans cette aventure ????
    Spectacle qu’il est difficile de conseiller ; il n’est pas du tout certain que la seule lecture du texte, trop riche sans doute souvent pour être déclamé aussi vite, ne soit pas plus instructive que ce qu’en a fait Caubère.
    Un excellent guitariste, contraint malheureusement lui aussi à surjouer pour tenter de donner une pâte, une matière, un relief à ce long, très long, trop long monologue.

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