Accueil > Un chapeau de paille d’Italie

Critiques / Théâtre

Un chapeau de paille d’Italie

par Corinne Denailles

Même pas drôle

Partager l'article :
Version imprimable de cet article Version imprimable

La course effrénée du marié derrière un inaccessible chapeau de paille d’Italie, sa noce sur les talons, est un régal de drôlerie, une moquerie de la bourgeoisie toute en finesse. Le pauvre futur n’est jamais sûr de vouloir se marier, même le lendemain de ses noces ; il faut dire que la belle-famille des faubourgs ne fait pas envie. Le vaudeville naît, comme toujours du grain de sable qui vient bousculer le cours des choses. C’est ainsi que le jour même de son mariage, il se trouve en situation, pour sauver son honneur de gentleman, de sauver la réputation d’une fille atterrie chez lui par hasard. Il lui faut remplacer le chapeau de paille de la demoiselle que son cheval a brouté sans y penser au bois de Vincennes. Mais le bougre est espiègle, et chaque fois qu’on croit mettre la main dessus il disparaît. Sous le regard de Georges Lavaudant, la cavalcade finissait par prendre des allures diaboliques, le spectacle de cette folle journée était jubilatoire, peu à peu personne ne semble plus rien contrôler, le chapeau mène la danse.

On s’attend donc à rire à ce spectacle de la folie pas ordinaire, or c’est à peine si Jean-Baptiste Sastre parvient à nous faire sourire. Les comédiens font ce qu’ils peuvent mais même Denis Podalydès semble impuissant à donner de l’épaisseur à son personnage. Peut-être est-ce là une contagion diabolique du texte qui fait que tout échappe à tout contrôle. La scénographie achève de semer la confusion. En soi, spectaculaire, elle suscite l’admiration du public, mais par un effet radical, elle asphyxie texte et acteurs. On croirait une mise en scène conçue pour un autre spectacle et appliquée à Labiche par erreur.

Un chapeau de paille d’Italie, d’Eugène Labiche, mise en scène Jean-Baptiste Sastre avec Eric Boucher, Jacques Boudet, Claude Degliame, Noémie Develay-Ressiguier, Gabriel Dufay, Vladislav Galard, Florence Janas, Patrick Kerbrat, Jean-Pierre Moulin, Chantal Neuwirth, Marie Payen, Denis Podalydès, Alexandre Steiger, Jean-Pierre Taste. Au théâtre national de Chaillot jusqu’au 8 décembre 2007 à 20h30, dimanche 15h. Durée du spectacle : 2h15 sans entracte. Tél : 01 53 65 30 00
www.theatre-chaillot.fr

Le Mur d'affiches


Visitez le Mur d'Affiches...

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.