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Critiques / Autres Scènes

URBAN RABBITS

par Dominique Darzacq

Urbain et…amoureux.

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Né dans les années 1970, enfant croisé des arts de la rue et de la piste, le nouveau cirque possède sa haute école : Le CNAC (Centre national des arts du cirque) qui est à cette discipline ce qu’est l’école du Théâtre national de Strasbourg au théâtre. Créé en 1985 pour faire de la piste un véritable territoire d’imaginaire et hisser le cirque au rang de spectacle vivant au même titre que le théâtre et la danse, le CNAC est un outil de formation pluridisciplinaire qui permet aux jeunes artistes circassiens d’approfondir leur spécialité en les confrontant à d’autres formes artistiques. Il est également un tremplin qui leur permet d’accéder à la vie professionnelle.
Inaugurée de manière aussi magistrale que mémorable par le chorégraphe Joseph Nadj en 1995, avec Le Cri du caméléon, la tradition veut que le spectacle de sortie soit réalisé sous la direction d’un chorégraphe ou d’un metteur en scène.
Ce fut l’année dernière Georges Lavaudant, c’est cette année, avec Urban Rabbits, le Hongrois Arpàd Shilling qui a mis en piste la promotion sortante.
C’est à vingt-six ans et à l’aube du troisième millénaire, qu’Arpàd Schilling se fit connaître du public français. D’abord au Théâtre national de Strasbourg et à l’Odéon, avec un Baal, sauvage et survolté, de Brecht (2000), puis ce fut, l’année suivante, au Festival d’Avignon, le très virulent Nexxt, spectacle multimédia, qui sur le thème de la violence et de la manipulation, transformait un show télévisé en indicible cauchemar. Depuis, Arpàd Schilling revient régulièrement, notamment dans le cadre du festival Standard Idéal de la MC 93, présenter des spectacles dans lesquels se vérifie la marche d’un créateur vers le dépouillement. Notamment, avec une Mouette, présentée « à cru », sans décors ni costumes ni effets de lumière et misant tout sur l’art du comédien.
C’est avec le même esprit de mise à nu qu’ Arpàd Schilling a abordé le travail de la piste avec les élèves du CNAC et en partant de leurs agrès, de leurs désirs, voire de leurs interrogations et de leurs craintes. De travail d’atelier en stage à Budapest, la 21e promotion est devenue un groupe de « lapins urbains » et musiciens soudés autour de la rencontre amoureuse, des heurs et malheurs du couple et dont, du prologue à l’épilogue, les avatars se déploient en séquences aux tonalités variées. La corde lisse ou le mat chinois pour tenter d’approcher une belle indifférente, acrobaties au sol transformées avec humour en scène de séduction, fil de fer comme lieu de règlement de compte d’un conjoint qui veut trucider sa partenaire….De roues insolites en spirales étourdissantes, sur des airs d’accordéon ou au rythme de percussions, chacun des jeunes artistes dessine à sa manière, avec plus ou moins de bonheur, les multiples figures de l’amour et du désamour. Parmi celles-ci, le numéro de main à main au cadre aérien, où un couple s’adonne à une véritable parade amoureuse est sans doute le plus abouti et le plus poétique.

Urban Rabbits, Mise en scène Arpàd Schilling, avec Rémy Bénard (roue Cyr) Kilian Caso, Jean Charmillot, Marion Collé (fil), Damien Droin (filet-funambule), Benoît Fauchier (spirale), Joris Frigerio, Matthieu Renevret (portés acrobatiques) Jérôme Galan (sangles), Coline Garcia, Fragan Gehlker (corde lisse), Matthieu Gary (mât chinois), Sam Hannes, Audrey Louwet (cadre aérien), Vasil Tasevski (sphère), Julie Tavert (acrobatie).

Parc de la Villette jusqu’au 14 février 1h30 tel 01 40 03 75 75
Reims (Le Manège) du 4 au 6 mars tel 03 26 47 30 40
Puis en tournée internationale.

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