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Critiques / Danse

Tutu par Los Chicos Mambos

par Yves Bourgade

Divertissant et exigeant

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Lorsque l’on assiste au spectacle « Tutu » par Los Chicos Mambos actuellement à Bobino, on ne peut s’empêcher de situer cette compagnie de danse dans la continuité du groupe américain Pilobolus et de son maître Alwin Nilolais. Le spectacle est réjouissant, il ne craint pas la dérision (davantage certainement que Pilobolus qui était plutôt humoristique), mais il est aussi le fruit d’une exigence corporelle qui est le propre de tous les danseurs qu’ils soient classiques ou modernes.
Tutu (long ou court par référence au costume fait de plusieurs jupes de gaz de la danseuse académique), s’il s’adresse d’abord au public adulte et connaisseur en danse (pour ses clins d’œil), ne peut laisser indifférent d’ailleurs les jeunes par les performances qu’il demande à ses interprètes.

L’âme de Los Chicos Mambos, est l’ancien danseur et chorégraphe Philippe Lafeuille passé chez Solange Golovine, Russillo et Goss. Avec cette compagnie fondée voici 20 ans en Espagne, il réalise ce qu’il affirme aimer le plus : « faire de la danse une comédie ».
On a pu voir à Paris à deux reprises Los Chicos Mambos en 1999 au Dejazet et en 2000 au Gymnase, puis en 2006 au Festival Off d’Avignon, dans un spectacle intitulé Méli-Mélo prolongé par un autre Méli-Mélo 2.
Pour Tutu, la compagnie compte six danseurs hommes qui ont au départ une première formation de danse mais qui se sont frottés à d’autres disciplines, l’un le théâtre, l’autre le mime, le cirque ou la marionnette. Le spectacle se présente comme une succession sans temps mort de vingt tableaux qui passent en revue, sans craindre l’irrévérence, les figures obligées et les thèmes rabâchés et universels des danses académique, contemporaine, de salon, rythmique, et acrobatique. Chaque danseur est un Fregoli à lui seul et tous les six arrivent à interpréter une quarantaine de personnages.

Le pas de quatre des petits cygnes du Lac des cygnes de Petipa et Tchaikovski est dansé par quatre canards facétieux … L’éveil des corps suggéré par la musique du Sacre du printemps de Stravinsky a pour interprètes des oisillons maladroits... Pour La mort du cygne, cheval de bataille des grandes ballerines, le danseur en tutu court de dos crée l’illusion par la perfection de l’ondulation de ses bras… Par ailleurs, on reconnait au passage une référence à Loïe Fuller et à ses voiles tournoyants, aussi un gentil coup de patte aux prétentions philosophiques et bavardes d’une certaine danse contemporaine etc...

Les costumes de Corinne Petitpierre aux formes singulières s’inspirant souvent de l’univers végétal ainsi que les lumières de Dominique Mabileau contribuent largement à la réussite de ce « délire chorégraphique » selon la formule de son chorégraphe-magicien Philippe Lafeuille.

« Tutu » par Los Chicos mambos Durée 1H15
Bobino, jusqu’au 31octobre, à 19H du mardi au samedi et à 16H les dimanches 19 et 26 octobre et 7 décembre.. Tarifs de 20 à 50 euros.

Photo ©Michel Cavalca

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