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Critiques / Théâtre

Sous le volcan d’après Malcolm Lowry et Guy Cassiers

par Corinne Denailles

Descente aux enfers

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La mise en scène d’œuvre non théâtrale est une spécialité revendiquée du belge Guy Cassiers. On se souvient, entre autres, de son admirable Mefisto for ever, d’après Klaus Man, premier volet d’une trilogie sur le pouvoir. Cette fois il s’attaque à un livre culte, réputé chef-d’œuvre de la littérature mondiale, de ceux qui répartissent les lecteurs en deux catégories selon qu’ils ont lu ce roman autobiographique halluciné de Malcolm Lowry, ou non. On est au Mexique en 1938, un 2 novembre, jour des morts célébré dans tout le pays. Geoffroy Firmin (Josse de Pauw), consul britannique, noie son désespoir dans la tequila et le mezcal. Sa femme Yvonne, ancienne actrice d’Hollywood, l’a quitté, désespérée de ne pouvoir l’arracher à l’alcool et à cette autodestruction qui a miné leur amour. Le roman décrit une lente descente aux enfers sur fond de guerre d’Espagne et de bruit de bottes à laquelle participe de manière symbolique l’environnement mexicain avec cette nature luxuriante, menaçante. L’histoire est racontée du point de vue d’un Français, Jacques Laruelle, qui a retrouvé les lettres que son ami Geoffroy Firmin avait écrit à Yvonne.
Sur scène, un monumental cube de verre sur lequel seront projetées des images. Devant le cube, le narrateur expose le cadre du récit jusqu’à ce que le visage démesuré du consul apparaisse sur le cube en superposition dans une belle traduction du procédé littéraire. Sur fond d’images du Mexique plus ou moins nettes, comme l’esprit embrumé de Geoffroy Firmin, nous est racontée, mezzo voce, l’histoire de ce naufrage terrifiant. Yvonne et Geoffroy finiront écrasés sous les bottes fascistes mais Cassiers ne s’intéresse pas vraiment à l’aspect historique du roman, pourtant une des clefs du roman ;il privilégie l’impossible histoire d’amour et les ravages de l’alcool. Son traitement du roman ne convainc pas tout à fait dans la mesure où s’est perdu, du texte à la scène, ce qui fait la force de Lowry, son art quasi hypnotique de la description par lequel le Mexique semble agir sur les personnages comme un sortilège morbide, un envoûtement fatal. Mais on reconnaît l’esthétique théâtrale du Flamand dont, entre autres, le travail sur la vidéo et le son ; l’utilisation des micros HF permet de moduler les voix jusqu’aux nuances les plus inouïes, procurant ainsi, en même temps qu’une mise à distance quelque peu excessive, l’impression d’une plongée dans l’intimité d’un homme dont on suit, de l’intérieur, le lent naufrage.

Sous le volcan, d’après Malcolm Lowry et Guy Cassiers, mise en scène Guy Cassiers, texte Josse de Pauw, avec Katelijne Damen, Josse de Pauw, Bert Luppes, Marc Van Eeghem. Au théâtre de la ville (Festival d’automne) jusqu’au 9 octobre. Du mardi au samedi à 20h30. Tel : 01 42 74 22 77.

Tournée

21-25 octobre Lille, Théâtre du Nord
18-20 novembre Grenoble, MC 2
24-25 novembre, Amiens, Maison de la culture
15-16 décembre, Le Havre, Le Volcan
19 décembre, Reims, La comédie de Reims

© Koenbross

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