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Critiques / Théâtre

SEPT SECONDES /In god we trust de Falk Richter

par Jean Chollet

Un pamphlet corrosif

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L’hymne américain, interprété à la guitare électrique avec des accords grinçants, introduit cette charge virulente contre l’Amérique de G.W. Bush écrite par un auteur et metteur en scène allemand quadragénaire, Falk Richter, qui collabora au Schauspielhaus de Hambourg et à la Schaubüne de Berlin. En mission depuis un porte-avions, un pilote, fasciné par son ordinateur de bord qu’il apparente à un jeu vidéo, lâche une bombe sur l’Irak avant que son avion soit touché et s’écrase. Sept secondes c’est le temps mis par une bombe pour atteindre son objectif. C’est aussi le temps qui lui reste à vivre. En face, sous le soleil d’une ville du Colorado, sa famille prépare un pique-nique et s’émerveille devant la télévision de voir les nobles combattants partis en guerre pour “ préserver une manière de vivre.” À travers les paroles proférées par différents protagonistes et observateurs dans la pièce, l’écriture hachée et haletante de Richter brosse avec une ironie grinçante un pamphlet corrosif sur l’état du monde et une critique acerbe des pratiques télévisuelles. “Fuck” à la guerre et à la manière de la vendre par manipulation et désinformation. Dans un espace nu, dont les murs et le plafond sont revêtus d’une multitude d’ampoules, Stanislas Nordey a orchestré avec rigueur et densité la mise en tension de ces paroles croisées par sept interprètes, issus pour la majorité de l’école du Théâtre national de Bretagne, dont la vitalité et l’énergie sont pénétrantes. Une manière de renouer avec une forme de théâtre d’agit-prop pour parler du présent. Par les temps qui courent c’est loin d’être superflu. Ce premier volet d’une trilogie du même auteur engagée par le metteur en scène se poursuivra avec Etat d’urgence au festival de Monte-Carlo et s’achèvera lors du festival d’Avignon avec Das System.

Sept secondes/ In god we trust de Falk Richter, mise en scène et scénographie Stanislas Nordey, avec Mohand Azzoug, Olivier Dupuy, Vanille Fiaux, Moanda Daddy Kamono, Julie Moreau, Margot Segreto, Anne-Sophie Sterck. Durée 45 minutes. Théâtre du Rond-Point du 18 mars au 27 avril. Tel : 01 44 95 98 21/ www.theatredurondpoint.fr

Crédit : Brigitte Enguérand

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