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Critiques / Danse

Roméo et Juliette de Berlioz par Sasha Waltz

par Charles Rosenbaum

Musique, théâtre et danse : la réussite d’un spectacle total

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Pour un coup de maître, l’Opéra Bastille a réussi un coup de maître. Avec Roméo et Juliette de Berlioz sur une chorégraphie de Sasha Waltz, Gérard Mortier et Brigitte Lefevre ont mis dans le mille, car les amateurs de danse et autres balletomanes ont été comblés. Mais les mélomanes partisans du lyrique ont été également charmés par le romantisme passionnel de la musique de Berlioz, tandis que les fans de théâtre ont trouvé leur compte avec le dramatisme shakespearien. Que demander de plus ? Rarement, on a assisté à un tel enthousiasme mêlé de ferveur. A Paris, on connaissait le Roméo et Juliette de Prokofiev dans les versions de Serge Lifar, d’Attilio Labis, John Cranko et surtout le magnifique ouvrage de Rudolf Noureev (1984) . Mais, jamais aucune personnalité de la danse ne s’était confronté au Roméo et Juliette de Berlioz.

Un pas de deux d’anthologie

La chorégraphe allemande Sasha Waltz n’avait pas la partie facile, d’imaginer un spectacle total pour cette , composée d’après la tragédie de Shakespeare, titre exact de l’œuvre de Berlioz. Mais Sasha Waltz n’a conservé que trois personnages : Roméo, Juliette et Père Laurence, appelé ailleurs Frère Laurent. Tybalt et Mercutio, si présents ailleurs, sont écartés. Ce choix resserré s’avére idéal. Deux danseurs étoiles d’exception, Hervé Moreau et Aurélie Dupont ont interprété « divinement » la grande scène d’amour. Un pas de deux d’anthologie diront certains. Sasha Waltz a réalisé un travail superbe, construit sur des obliques et de belles torsions. Elle a surtout su faire évoluer une centaine de danseurs délicatement costumés sans la scène du bal, au milieu deux plans perpendiculaires représentatifs du décor de Vérone, les scènes du balcon et de la tombe. Au travail si remarquable de tout le ballet, il fallait une contrepartie musicale d’exception. l’Orchestre de l’Opéra de Paris et des chœurs magnifiques sous la baguette alternée de Valéry Gergiev ou de l’Estonien Vello Pähn a été remarquablement berliozien.

La mezzo russe Ekaterina Gubanova a été une Juliette à la prononciation française détestable, mais vocalement acceptable. Yann Beuron a été égal à sa grande réputation et capable de s’adapter à tous les répertoires. Son Roméo a été passionné et tourmenté. Pour la basse russe, Mikhail Petrenko, on a retrouvé ses qualités déjà exprimées dans le rôle du Commandeur du Don Giovanni de Mozart à l’Opéra de Paris

ROMEO et JULIETTE , symphonie dramatique op.17, H.77 d’Hector Berlioz ,texte d’Emile Deschamps d’après William Shakespeare créé au Conservatoire de Paris en 1839 direction musicale Valery Gergiev en alternance avec Vello Pähn, Orchestre et Chœurs de l’Opéra national de Paris Chef des chœurs Peter Burian , chorégraphie Sasha Waltz, décors Pia Maier-Schriever, Thomas Schenk, Sasha Waltz costumes Bernd Skodzig, lumières David Finn
Avec Ekaterina Gubanova, mezzo-soprano, Yann Beuron, ténor, Mikhail Petrenko basse.
Avec Juliette : Aurélie Dupont en alternance avec Mélanie Hurel - Roméo : Hervé Moreau en alternance avec Yann Bridard - Père Laurent : Wilfried Romoli en alternance avec Nicolas Paul et le Corps de Ballet de l’Opéra national de Paris (les 5, 8, 9, 11, 12, 15, 16, 17 et 20 octobre à 19h30 – le 6 octobre à 14h30) Crédit photos : Bernd Uhlig

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