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Critiques / Théâtre

Réparer les vivants d’après Maylis de Kerangal

par Gilles Costaz

Une épopée des temps modernes

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Comment « réparer les vivants », selon la formule de Tchekhov ? Le récit de Maylis de Kérangal, qui conte un exemple de sauvetage grâce une transplantation d’organe, a connu un succès foudroyant, même au théâtre Voici la deuxième transposition sur un plateau : celle de Sylvain Maurice, créée au théâtre de Sartrouville et à présent reprise à Paris. L’ouvrage est une sorte de documentaire, écrit avec la flamme d’un écrivain. Un jeune homme meurt dans un accident au Havre. Les parents hésitent à donner le cœur de leur fils, puis acceptent. Un hôpital parisien met alors tout en place pour aller chercher le cœur dans des délais qui permettent sa transplantation (moins d’un jour). Une femme souffrant d’insuffisance attend ce miracle depuis deux ans, logée près de l’hôpital. Et la greffe a lieu…
Sylvain Maurice et Eric Soyer ont conçu un lieu où se dresse un grand portique, une sorte d’arc de triomphe mobile sur rails. Sur sa plate-forme, un musicien, Joachim Latarget, impulse le rythme du jazz. Au sol, l’acteur, Vincent Dissez, dit le texte, le plus souvent en courant, tel l’athlète antique de Marathon. L’action est une course contre la montre, le spectacle un chant d’espoir qui lui aussi lutte contre le temps. L’épopée des temps modernes, c’est cela, et non point les guerres ou le sport gangrené par l’esprit du lucre ou les tricheries. Sylvain Maurice, Vincent Dissez, toujours haletant et profond, et Joachim Latarget, nerveux et lyrique, ont trouvé une bien belle façon de donner une vie scénique au très beau livre de Maylis de Kerangal.

Réparer les vivants d’après Maylis de Kerangal, mise en scène de Sylvain Maurice, scénographie et lumière d’Eric Soyer, costumes de Marie La Rocca, composition originale de Joachim Latarget, avec Vincent Dissez et Joachim Latarget.

Théâtre des Abbesses, tél. : 01 42 74 22 77, du 14 au 24 juin 2017 (Durée : 1 h 20).

Photo E. Carecchio.

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