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Critiques / Rue & Cirque

Prestige

par Bruno Bouvet

Dans la tradition du cirque

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Avec ses étranges bruitages, son allure de grand échalas qu’il promène sur la piste, comme s’il venait de débarquer de nulle part, Julien Cottereau ne semble pas appartenir à cette grande famille Bouglione dont le rassemblement annuel se tient chaque année dans l’écrin magique du Cirque d’hiver. De fait, le comédien, consacré Molière de la révélation théâtrale en 2008 pour Imagine-toi interrompt momentanément sa carrière en solo pour inclure ses prestations burlesques, magnifiques de poésie, dans Prestige, le spectacle 2010-211 concocté par Francesco Bouglione et consorts. Prévenons d’emblée les spectateurs qui ignoreraient tout de ses facéties : sur la piste, le grand gamin de 40 ans ne renonce pas à transformer certains d’entre eux en complices de ses mimes et à les associer à son formidable imaginaire, convoquant d’un geste les situations les plus improbables. Julien Cottereau, c’est donc l’invité de la dernière heure, l’inattendu qui surgit dans une mécanique parfaitement huilée, histoire sans doute d’en faire apprécier davantage l’exact ordonnancement. Avec Prestige, la famille Bouglione répond (presque) parfaitement à la demande fantasmatique d’un public qui veut retrouver le cirque traditionnel de son enfance. Hormis un numéro de fauves bien trop court pour faire apprécier les talents de dompteur de Dominik Gasser et quelques costumes aux couleurs criardes, les spectateurs peuvent être légitimement satisfaits. Rien ne manque : l’orchestre et ses « vrais » musiciens, le monsieur Loyal et son impeccable costume de circonstance (avec quelques poncifs en prime dans un texte de présentation inutilement ronflant) et bien sûr une succession de performances physiques et artistiques parmi les meilleures. On retiendra notamment la grande illusion d’Eva Julia et les jongleries époustouflantes de la troupe russe Drogaleva. Mais dans la manière d’accorder esthétique et frisson, on accordera une mention toute spéciale à deux duos. Frère et sœur à la ville, les « Skating Pilar » -artistes français comme leur nom l’indique…- évoluent à patins à roulettes sur une piste incroyablement étroite. Jamais ils n’en sont éjectés comme peut le laisser craindre à tout moment la vitesse prodigieuse de leurs évolutions… De la même façon, on retient son souffle en permanence quand le Duo Guerrero grimpe à quinze mètres du sol pour danser et chanter sur une corde… Difficile à cet instant-là de faire la fine bouche et de restreindre son admiration devant cet art du cirque à l’état pur. Dans la parfaite tradition du « plus grand chapiteau du monde »…

Prestige. Cirque d’hiver Bouglione. 110 rue Amelot, Paris 11e. Jusqu’au 27 février. Tous les jours pendant les vacances scolaires. A 14 h, 17h15 et 20h30 selon les jours. Le mercredi et le week-end hors vacances scolaires. Places de 11,50€ à 51,50€. Réservations : 0892 680 892 et www.cirquedhiver.com

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