Accueil > Pouic-Pouic de de Lionnel Astier et Stéphane Pouplard

Critiques / Comédie & Humour

Pouic-Pouic de de Lionnel Astier et Stéphane Pouplard

par Marie-Laure Atinault

Une adaptation réussie

Partager l'article :

Pouic-Pouic, le charmant poulet revient sur scène pour le plus grand plaisir du poulailler des Bouffes Parisiens…ET pour toute la salle !

Pouic-Pouic est le nom de l’animal domestique de Jacqueline Monestier. Alors que ses amies ont des chiens ou des chats, Jacqueline a un poulet. L’épouse, du très sérieux Léonard Monestier, est un brin fantasque. Bonne mère, bonne épouse, elle ne pense qu’au bonheur de sa petite famille. Elle a trouvé le cadeau idéal pour l’anniversaire de son cher Léonard mais ce cadeau ne va pas faire plaisir du tout à son grognon de mari. Pourquoi ? Si vous n’avez jamais vu l’une des centaines de rediffusion du film éponyme, nous vous en laissons la surprise.

Difficile, effectivement, d’occulter le film tirée de la pièce, Sans Cérémonie crée en 1952, qui devient à l’écran Pouic-Pouic sous la direction de Jean Girault. La pièce ne sera jamais reprise. Pourquoi le film a-t-il eclipsé la pièce de théâtre. Il est vrai que le film est culte, on y trouve notamment Louis de Funès, Jacqueline Maillan, Guy Tréjean, Christian Marin qui sont alors tous des comédiens connus et qui font beaucoup de théâtre. Ils sont rejoints par une jeune comédienne, Mireille Darc et par le séducteur Philipe Nicaud héros d’une série policière, L’Inspecteur Leclerc (Ah qu’il était séduisant !). Le fils de la maison est joué par le fluet Dumas.

Stéphane Pouplard ne pensait pas avoir une idée aussi folle en désirant monter Pouic-Pouic au théâtre. Et pourtant le chemin fut difficile. Dans sa quête, une rencontre fut décisive celle de Lionnel Astier. Tous les deux se sont attelés à la tâche car l’histoire ne peut pas être purement et simplement mis à la sauce des années 2000. Pas de portable, pas d’internet, une autre conception de la société et des droits et pouvoirs civiques de la femme sont également importants. Dans le processus de la comédie, la crédibilité est toujours primordiale. Nous plongeons dans les années 70. Cela fonctionne à merveille. Il est vrai que nous étions un poil sceptique, mais les trouvailles et l’énergie de la distribution nous entraînent dans les démêlés de la famille Monestier. Le décor de Sophie Jacob nous propulse dans les années 70. Le mobilier aux lignes droites et la couleur orange caractéristique de l’époque, est une réussite.

Lionnel Astier est Léonard, macho, homme d’affaires sans scrupules mais malgré tout il aime sa femme. Il sait être tour à tour détestable et pitoyable. Valérie Mairesse est Jacqueline, fofolle et fantasque, accusant un peu trop de candeur qui pourrait passer pour autre chose. Eric Berger est Antoine, l’amoureux transi et perpétuellement éconduit par Patricia la fille des Monestier. Ce rôle sera marquant dans sa carrière, il est absolument inénarrable, composant un personnage ridicule et assez touchant. Il crée une gestuelle dégingandée et une élocution hilarante pour son personnage. Il est à souligner que tous les comédiens jouent leur rôle sans penser à leurs illustres prédécesseurs, aucune tentative d’imitation.

La pièce est vraiment très drôle et l’on passe une soirée des plus amusantes chez les Monestier. Il est interdit de jeter du grain à Pouic-Pouic et aux comédiens et nous vous signalons que les portables n’existaient pas à cette époque !

Pouic-Pouic, de Jacques Vilfrid avec la collaboration de Jean Girault. Adaptation de Lionnel Astier et Stéphane Pouplard, mise en scène et jeu Lionnel Astier. Avec Valérie Mairesse, Eric Berger, Rachel Arditi ou Julie Jacovella, David Saada, Bénédicte Dessombz, Alexandre Jazédé.
Au Théâtre des Bouffes Parisiens du mardi au samedi à 21h et le dimanche à 15h jusqu’au 29 juillet.
www.bouffesparisiens.com

Photos : Karine Letellier

Le Mur d'affiches


Visitez le Mur d'Affiches...

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.