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Critiques / Théâtre

Opus coeur d’Israel Horovitz

par Gilles Costaz

Conflit musical

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C’est une pièce souvent jouée et qui, comme la musique dont elle parle, se prête à de jolies variations. Il y eut une adaptation de Jean-Loup Dababie interprétée par Jane Birkin et Pierre Dux. A présent, Caroline Darnay met en scène l’adaptation d’Attica Guedj et Stephan Meldegg, qui est plus fidèle, plus rugueuse. Dans une ville du Massachusetts, un professeur de musique arrive à l’âge où il a besoin des services d’une aide ménagère, de quelqu’un qui doit habiter en permanence avec lui, partager sa maison, donc sa vie. Il a toujours été dictatorial et tout lui a donné raison dans sa façon de se montrer supérieur aux autres. Il a formé les meilleurs musiciens de la région et il reste, pour beaucoup, une autorité. La cohabitation avec la femme qu’il a engagée se révèle tout de suite difficile. L’employée ne se laisse pas faire et mène même une discrète guérilla, par exemple en changeant le programme radio pour lui faire écouter une musique de variétés et de rock qui le hérisse. En réalité, la domestique ne vient pas de nulle part. Elle a des comptes à régler, liés à un passé qui ne s’est pas effacé dans la mémoire de toute sa famille…
On aime bien Israel Horovitz, auteur du Premier, de pièces chahuteuses et de souvenirs où il dit son attachement pour la France et ses dettes envers Beckett. Mais Opus cœur est une œuvre mineure, habile mais cousue de fil blanc. Elle est faite pour les acteurs qui ont là de beaux rôles antagonistes. C’est le plaisir qu’elle procure ici, un plaisir de jeu que Caroline Darnay a orchestré avec un juste sens du secret humain. Marcel Maréchal est parfait en professeur bougon, soupçonneux, au cœur trop endurci : c’est toujours un plaisir de voir ce très grand homme de théâtre. Nathalie Newman donne avec justesse une vérité brute, un mélange de douceur et d’âpreté au personnage de l’employée de maison. Ce qui domine dans cette soirée qu’on peut aussi considérer comme un hommage à la musique, c’est la pâte humaine des deux interprètes.

Opus cœur d’Israel Horovitz, adaptation d’Attica Guedj et Stephan Meldegg, mise en scène de Caroline Darnay, scénographie de Caroline Mexme, son de Michel Winogradoff, costumes de Monika Micha, lumières de Michel Cabrera, avec Marcel Maréchal, Nathalie Newman.

Petit-Hébertot, 21 h du mercredi au samedi, tél. : 01 42 93 13 04, jusqu’au 26 avril. (Durée : 1 h 25).

Photo Michel Cabrera

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