Accueil > Odyssées Festival en Yvelines, c’est parti !

Actualités / Festival / Jeune Public

Odyssées Festival en Yvelines, c’est parti !

par Dominique Darzacq

Une édition au croisement des arts

Partager l'article :
Version imprimable de cet article Version imprimable

21 artistes ( auteurs, metteurs en scène comédiens, musiciens, danseurs, acrobates), 6 créations diffusées dans 87 lieux des Yvelines entre le 12 janvier et le 14 mars, telle pourrait se résumer en chiffres cette 12ème édition d’Odyssées conçue et organisée par le Théâtre de Sartrouville. Mieux qu’un bilan ils sont la preuve de l’ancrage d’une manifestation que Sylvain Maurice , qui dirige le CDN depuis 2013, a su redynamiser. Laissée un temps en jachère après le départ de ses deux initiateurs Claude Sevenier et Joël Jouanneau, aujourd’hui elle s’inscrit à nouveau dans le paysage théâtral, et chose rare, fait l’unanimité des pouvoirs publics. « Non seulement le département à la manœuvre depuis le début, mais aussi les diverses collectivités locales, la Ville et l’Etat ont compris qu’Odyssées est l’ADN du Théâtre de Sartrouville » précise Sylvain Maurice qui émancipe cette nouvelle édition du seul théâtre, ou plutôt « en use, dit-il, comme socle pour s’ouvrir à d’autres disciplines du spectacle vivant , la danse, la musique, le cirque, la vidéo ». Pour lui « l’adresse au jeune public ne peut pas rester à la traîne de l’évolution des écritures scéniques qui aujourd’hui qui se plaisent à abolir les frontières entre les arts ». C’est donc au cœur de ces nouvelles pratiques « qui enrichissent les modalités de réception des œuvres » que se place une programmation qui ouvre l’éventail de ses propositions de l’adolescence à la maternelle et avoue ses fidélités.
Divers dans son vocabulaire, singulier dans ses approches
A l’affiche on retrouve Magali Mougel et Johanny Bert, « duo créatif et fécond et dont le travail est dans le droit fil des visées d’Odyssées ». Après l’impertinent Elle pas princesse, lui pas héros de l’édition 2016, ils se retrouvent à nouveau avec Frissons un spectacle immersif qui mêle théâtre et danse, poésie et musique autour de la peur de l’autre, destiné aux très jeunes (à partir de 4 ans) . Autre retour, celui de Thomas Quillardet qui a ravi petits et grands avec Tristesse et joie dans la vie des girafes , régala l’édition 2018 d’une désopilante aventure marine La Rage des petites sirènes . Aidé de Simon Delattre pour la chorégraphie et la construction des marionnettes, il nous propose aujourd’hui une manière de BD en 3D, autour des héros et héroïnes qui nous fascinent tous, jeunes et vieux. Avec du carton, du papier, des manipulations d’objets, il fera voyager les jeunes spectateurs du Far West à l’Olympe, s’y croiseront Tarzan et Zorro et même Zeus et quelques autres ! En un mot, réinventera « ces bouts d’enfance et d’adolescence qui s’accrochent furieusement à l’adulte que nous sommes ».
Pour sa part la chorégraphe Anne Nguyen allie chorégraphie et théâtre, joute oratoire et danse avec Le Procès de Goku , spécialement conçu pour être présenté dans les salles de classe où les élèves sont tout à la fois spectateurs et jurés. De son côté, Constance Larrieu pour Un Flocon dans ma gorge appareille vers le Grand Nord du côté des Inuits et conjugue théâtre et musique autour d’un road-trip vocal initiatique qui célèbre le pouvoir de la voix et raconte comment « la voix peut aider chacun de nous à grandir et à se construire ».
« Qu’est-ce que c’est que se tenir debout ou s’assoir sur une chaise quand soudain le sol n’est plus stable, qu’il se dérobe sous nos pieds ? » est une des questions posées dans Portrait chinois spectacle tout à la fois drôle, onirique conçu par le circassien Karim Messaoudi qui mixe théâtre et acrobaties, déséquilibre, tourbillon et poésie .
C’est enfin le musicien tromboniste Joachim Latarget qui noue ensemble théâtre, musique et vidéo pour retisser sur le conte des frères Grimm, Le Joueur de flûte d’Hamelin , pour, entre mystère et fantaisie, dialogues et chansons opposer le pouvoir libérateur de la musique à l’ignorance et la méchanceté des hommes. Créé dans le cadre d’Odyssées ce spectacle sera également à l’affiche du prochain Festival d’Avignon.
Les petites formes comme art et comme exigence
La singularité de ce festival né en 1997 est d’avoir affirmé d’emblée la création en direction du jeune public comme geste fédérateur et outil d’aménagement culturel des Yvelines, « territoire très contrasté qui se partage entre la ville et les champs comme le remarque Sylvain Maurice qui constate également, « une modification du paysage théâtral qui offre moins de lieux équipés et où existent encore des zones blanches où le théâtre ne va pas », d’où la nécessité pour lui, de « renouer avec l’esprit pionnier de la décentralisation et d’aller au-devant du public dans toute sa diversité » et pour ce faire, proposer des spectacles capables d’être accueillis dans des lieux non équipés comme les salles de classe, les bibliothèques, les médiathèques, les centres sociaux. Cependant, aux yeux du créateur qu’est Sylvain Maurice, la petite forme ne saurait être qu’un outil culturel tout terrain, elle est d’abord et avant tout, « un geste théâtral essentiel qui installe une autre relation avec le public et ouvre un espace de recherche et d’excellence, dans lequel les artistes doivent se saisir des contraintes et faire preuve d’ingéniosité pour porter leur art au plus haut ».

Divers dans leur conception les six spectacles programmés qui entament leurs Odyssées aux quatre coins des Yvelines le 13 janvier, ont en commun d’être de subtiles fusées d’imaginaire qui interpellent les enfants sur quelques sujets qui les regardent tout en les initiant au plaisir de l’art. Tous feront étape au Théâtre de Sartrouville du 25 au 30 janvier

Odyssées Festival en Yvelines du 13 janvier au 14 mars
Tel 01 30 86 77 79 www.odyssees-yvelines.com

« Portrait Chinois » photo prise en répétition ©DR

Le Mur d'affiches


Visitez le Mur d'Affiches...

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.