Accueil > Nabucco de Giuseppe Verdi

Critiques / Opéra & Classique

Nabucco de Giuseppe Verdi

par Charles Rosenbaum

Une ère nouvelle pour l’Opéra de Wallonie

Partager l'article :
Version imprimable de cet article Version imprimable

Au Théâtre Royal de Wallonie à Liège, l’après Jean-Louis Grinda a déjà commencé et la nouvelle saison de l’ère Stefano Mazzonis di Palefera a été étrennée par Nabuccode Verdi. Un choix heureux pour une année lyrique très italianisante car Nabucco, œuvre de jeunesse compte parmi les plus belles œuvres verdiennes. A 29 ans, Verdi avait déjà maîtrisé les grands principes de l’art lyrique et imposé son propre style en rupture avec le bel canto de Bellini et de Donizetti. Si le « va pensiero sull’ali dorate » est devenu un second hymne italien et un tube un peu trop diffusé, Nabucco n’est pas que ça. Il y a encore le premier grand chœur, avec le grand prêtre Zaccharie qui chante un poignant « spera o figli » ainsi que l’émouvant « Oh chi piange ». Sans compter les superbes duos de Nabucco et d’Abigaille, le tout faisant de cet opéra là, l’un des plus réels chefs d’œuvre de la littérature lyrique. A partir d’un savoir faire qui deviendra une habitude, Verdi n’aura pas de scrupules à modifier fondamentalement l’histoire.

Nabucco repenti

Ainsi, selon Giuseppe Verdi et le librettiste Temistocle Solera, Nabucco alias Nabuchodonosor, roi de Babylone est un tyran sanguinaire, un exterminateur du peuple juif. Captifs en Assyrie, les Juifs sont réconfortés par le grand prêtre Zaccharie qui a pris en otage Fenena, la fille véritable de Nabucco. Ismaël, un des chefs des Hébreux, amoureux de Fenena est convoité par Abigaille, l’esclave, la fille illégitime du Roi. Celle-ci complotera pour s’emparer du trône et finira par se suicider. Repenti Nabucco se convertira à la foi juive, libérera les captifs et rebâtira le Temple de Jérusalem.

Mise en scène médiocre mais bon casting musical

Mais pourquoi avoir confié la mise en scène à Yoshi Oida ? C’est un professionnel honorable qui a emboîté le pas de Peter Brook. Le Japonais d’habitude mieux inspiré a, cette fois, multiplié les non sens comme les contre sens, et utilisé à tort et à travers des symboles grotesques. Réalisation minimale, costumes ridicules et direction d’acteurs insignifiante, le résultat est plutôt affligeant. La partie musicale est en revanche plus intéressante. L’orchestre, sous la direction de Paolo Arrivabeni, fraîchement arrivé en Belgique a du coffre. Peut être un peu trop. Deux distributions se partagent le spectacle. Les vétérans Susan Neves et Paata Burchulaze ont essuyé les plâtres des premières représentations. Dans la seconde distribution, on a entendu des chanteurs sans notoriété internationale, mais parfaits dans leur emploi. Carlos Almaguer, baryton verdien de bonne facture fut un Nabucco lyrique et poignant. Alessandra Rezza, habituée au rôle d’Abigaille, continue de le défendre avec brio. Le rôle important du grand prêtre Zaccharie fut confié à Riccardo Zanellato, une voix pas très puissante mais un beau timbre de basse. Le ténor coréen Sebastian Na confirma ses dons révélés à Lyon avec Natalie Dessay dans la version française de Lucia di Lamermoor de Donizetti.

NABUCCO, drame lyrique en quatre actes, musique de Giuseppe Verdi, livret de Temistocle Solera d’après Nabuchodonosor d’Auguste Anicet-Bourgeois et Francis Cornu, créé le 9 mars 1842 à la Scala de Milan. direction musicale Paolo Arrivabeni, Orchestre et Chœurs de l’Opéra Royal de Wallonie et Chœur d’Opéra de Namur, Chef des chœurs Edouard Rasquin, mise en scène Yoshi Oida, décors Tom Schenk, costumes Antoine Kruk.

Avec Mark Rucker, en alternance avec Carlos Almaguer (les 22-26-28 & 30 septembre) Nabucco, Susan Neves en alternance avec Alessandra Rezza (les 22-26-28 & 30 septembre) Abigaille, Paata Burchuladze en alternance avec Riccardo Zanellato (les 22-26-28 & 30 septembre) Zaccaria, Sebastian Na Ismaele, Eufernia Tufano Fenena,
Production Teatro Comunale di Bologna

Crédit photos : Jacky Croisier

Théâtre Royal de Liège, Représentations du 21 au 30 septembre 2007
Palais des Beaux Arts à Charleroi samedi 6 octobre 2007 à 20 heures

Le Mur d'affiches


Visitez le Mur d'Affiches...

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.