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Critiques / Danse

« My Ladies Rock » de Jean-Claude Gallotta »

par Yves Bourgade

Les défricheuses du rock inspirent le chorégraphe

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En 2005, Jean-Claude Gallotta a créé et développé au fil des ans avec son Groupe Emile Dubois un ballet « My Rock » (Mon Rock) et il revient avec une nouvelle pièce dans la même veine, « My Ladies Rock ».
Comme les deux titres l’indiquent, ces réalisations sont construites autour de la musique rock, celle en majorité interprétée par des hommes et qu’aime personnellement le chorégraphe pour « My Rock » et celle de « défricheuses du rock » dans le cas de « My Ladies Rock ».
Cette dernière œuvre « s’ouvre sur le même paysage musical et culturel, mais vu d’en face, de la fenêtre qui donne sur le versant féminin, moins exposé au soleil de la gloire, mais tout aussi fertile, peut-être plus enthousiasmant encore puisqu’il rejoint aujourd’hui le combat loin d’être achevé de la cause des femmes » précise le dramaturge de Gallotta, Claude-Henri Buffard.
« My Ladies Rock » s’appuie donc sur une série de musiques de pièces interprétées par des chanteuses : de la pionnière Wanda Jackson à la flamboyante et courageuse Tina Turner, en passant notamment par l’enfant prodige du rock Brenda Lee, par l’icône sulfureuse devenu un mythe Marianne Faithfull, par Aretha Franklin « la reine du soul », par Laurie Anderson le défricheuse de nouveaux univers sonores, par Janis Joplin morte à 27 ans, par Joan Baez à la voix pure, engagée et tenace, par Nina Hagen aux outrances post-punk , par la novatrice Betty Davis, par la chanteuse et poétesse Patti Smith ou encore par Nico à la voix psalmodiante, nihiliste jusqu’à l’autodestruction.
L’univers musical , notamment le rythme de chacune de ces chanteuses engagées, est différent l’un de l’autre, comme chez les artistes hommes que l’on trouvait dans « My Rock ». Pour « My Ladies Rock », le chorégraphe organise son ballet avec une déclinaison de groupes formés de duos, de trios, de quatuors, de quintets, de sextuors, des septuors d’octuors, de nonettes, de dixtuors, mêlant danseurs et danseuses.
« My Ladies Rock » comme d’ailleurs « My Rock » se présente comme une suite de séquences, chacune étant consacrée à une chanteuse, brièvement annoncée par une voix off et par des projections de photos ou de pochettes de disques. On ne s’ennuie pas un seul instant, les chansons choisies sont fortes et originales et les membres du Groupe Emile Dubois donnent le meilleur d’eux-mêmes. Les mouvements aux rythmes rapides qui creusent l’espace comme souvent chez Gallotta, correspondent-ils cependant en intensité, parfois à la véhémence, voire à la rage, que l’on sent dans les paroles ? La question est là…

Salle Renaud-Barrault, Théâtre de Rond Point à Paris jusqu’au 4 février 2018, 18h30, durée 1h30, places à 38 €.
En tournée, en mars 2018 à Neuilly-sur-Seine le 8, à Argenteuil le 10, à Limoges le 14, le 7 avril 2018 à Draguignan, en mai 2018 à Annemasse le 3, Saint-Brieuc le 18 ou le 19, à Clermont-Ferrand les 23 et 24, à Bastia le 30 et en juin 2018 à Istres le 1er et à Caen du 19 au 21.
© Stéphanie Para

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