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Critiques / Théâtre

Meurtres de la princesse juive : comédie planétaire d’Armando Llamas

par Corinne Denailles

Un théâtre en liberté

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Difficile de ne pas rapprocher le dramaturge espagnol Armando LLamas, qui a vécu en Argentine et en France, de l’Argentin Copi, émigré à Paris une dizaine d’années plus tôt. Outre leur homosexualité et leur destin écourté tragiquement par le sida, ils ont en commun d’écrire en français ainsi qu’une furieuse tendance à l’hyperactivité qui les a fait toucher à de nombreux domaines dont le journalisme. Ils portent un regard impertinent et caustique sur l’humanité, affichent une liberté d’écriture réjouissante et un goût prononcé pour la provocation (voir le titre de la pièce de LLamas). L’un comme l’autre ont à leur actif une œuvre théâtrale qui se permet toutes les audaces dans un grand éclat de rire désespéré.

Salutaire provocation

La pièce n’a pas volé son sous-titre, la comédie est bien planétaire mais la tragédie est intime. 35 personnages courent et s’agitent d’un bout de la planète à l’autre dans une dizaine de lieux différents. Salles d’embarquement d’aéroport, plaque tournante de tous les départs et de toutes les ruptures, un bistrot parisien, une maison à Abou Dabi, une autre au Pakistan, une place à Mantes-la-Jolie, un site touristique à Hiroshima. A saute-mouton par-dessus les frontières et les langues – on entend çà et là de l’ourdou, du pakistanais ou de l’allemand. Ça parle d’intolérance, de solitude, de désirs, de sexe et de sang, au fond, de quête d’identité et d’amour. À travers le prisme kaléidoscopique de courts tableaux qui mélangent joyeusement les genres et les tons – comédie musicale, confidences très intimes, scènes hyperréalistes, hystériques – une série de portraits en short cut, brossés avec une liberté et un œil très cinématographiques.

Mettre en scène cette pièce qui tourne à 100 à l’heure sur les routes de nos grandes solitudes est bien un défi comme l’annonce Philippe Adrien. Il le relève avec une alacrité qu’on ne lui avait pas connue depuis un certain temps, une gourmandise à diriger une troupe de brillants jeunes acteurs dont certains jouaient déjà avec lui dans Yvonne princesse de Bourgogne. Une autre histoire déjantée de princesse.

Meurtres de la princesse juive : comédie planétaire d’Armando Llamas, mise en scène Philippe Hadrien, avec Naidra Ayadi, Jean-Pierre Becker, Dominik Bernard, Élise Bertero, Sarajeanne Drillaud, Nathan Gabily, Benjamin Guillard, Audrey Lamy, Matthieu Marie, Guillaume Marquet, Solveig Maupu, Alix Poisson, Alexandrine Serre. Au théâtre de la tempête jusqu’au 8 avril 2007. Mardi, mercredi, vendredi, samedi à 20h30, jeudi à 19h30, dimanche à 16h. Réservation : 01 43 28 36 36.

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