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Critiques / Opéra & Classique

Luisa Miller

par Charles Rosenbaum

Un Verdi rare à Liège

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Pourrquoi aller à l’Opéra Royal de Wallonie, à Liège, assister à la représentation de Luisa Miller de Verdi ? Au moins, parce que peu de théâtres lyriques européens prennent la peine d’y faire figurer son quatorzième opéra. Un opéra qui possède au moins autant de qualités que les autres ouvrages du grand Verdi. Notamment Rigoletto écrit deux ans plus tard, où l’on retrouvera les superbes duos père-fille. Verdi n’a jamais tant excellé dans les "échanges" barytons et sopranos. Les scènes sont tout aussi tragiquement émouvantes. Verdi a tiré l’argument de son inspirateur préféré : Schiller. Avec Luisa Miller - à l’origine Kabale und Liebe -, Verdi a également profité de son librettiste attitré Cammarano. L’on y retrouvera un de ses thèmes de prédilection, la lutte contre les dominants et la corruption.

L’amour de Luisa pour Rodolfo

L’action se situe au Tyrol, début du XVIIIe siècle. La jeune villageoise Luisa Miller aime et est aimée du fils du Comte Walter, Rodolfo, qui se fait passer pour un paysan. Mais Wurm, l’intendant du Comte, également amoureux de Luisa, monte une cabale pour faire tomber le vieux Miller tandis que le Comte tente de marier Rodolfo avec la Duchesse Federica. Miller est l’otage de Wurm qui contraint Luisa à écrire à Rodolfo qu’elle l’a berné. La vérité se révélera mais trop tard : après avoir tué l’infâme Wurm, Luisa et Rodolfo meurent empoisonnés. Comme Roméo et Juliette...

Une distribution homogène et convaincue

Le metteur en scène Jean-Claude Fall a souhaité jouer la sobriété. Mais on attendait plus d’imagination de sa part. Transposer l’action un siècle plus tard dans des costumes de ville sans caractère, ne relève d’aucune logique. Pas plus que le plan incliné qui défavorise le ténor hawaïen (petit par la taille). Ce qui heureusement n’enlève rien aux mérites des chanteurs pour lesquels, en majorité, il s’agissait d’une prise de rôle. En dehors de l’excellent vétéran wallon Marcel Vanaud (Miller) habitué des grands rôles de baryton verdien, Virginia Tola (Luisa) a fait belle impression. Argentine de Santa Fé, elle, a bénéficié des leçons de Placido Domingo. Keith Ikaia-Purdy, hawaïen, élève de Carlo Bergonzi démarre une belle carrière européenne. En Rodolfo, sa voix a gagné peu à peu en puissance jusqu’à interpréter fort joliment le fameux « quando le sere al placido », l’air de bravoure des grands ténors. L’Orchestre de l’Opéra Royal de Wallonie, sous la direction de Giuliano Carella a correctement accompagné une distribution homogène et convaincue.

Luisa Miller de Giuseppe Verdi, d’après Kabale und Liebe de Schiller, livret de S. Cammarano, orchestre et choeurs de l’Opéra Royal de Wallonie, direction Giulano Carella, mise en scène Jean-Claude Fall, décors Gérard Didier, costumes Agostino Cavalca. Avec Virginia Tola, Laura Brioli, Magali Mayenne, Marcel Vannud, Keith Ikaia-Purdy... En coproduction avec l’Opéra National de Montpellier.
Théâtre Royal de Liège (Belgique), du 18 au 26 novembre 2005.

Photo : Jacky Croisier

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