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Critiques / Danse

"Les Plaisirs inconnus" du Ballet de Lorraine

par Yves Bourgade

Tout à la gloire des danseurs

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Didier Deschamps, directeur du Théâtre national de la Danse à Chaillot à Paris, n’oublie pas qu’il a eu en charge précédemment, de 2000 à 2011, le Centre chorégraphique national-Ballet de Lorraine auquel il offre régulièrement une tribune dans la capitale.
Cette saison la compagnie basée à Nancy se produit à Paris dans la grande salle de Chaillot avec une création de l’automne 2016, Les plaisirs inconnus. Cette pièce de 75 minutes, sort des sentiers battus et oblige le spectateur à apprécier à sa juste mesure la virtuosité acrobatique des danseurs-interprètes de cinq chorégraphes reconnus de différentes générations et esthétiques (quatre femmes et un homme) dont on cache volontairement, et avec leur consentement, les noms ainsi que ceux des compositeurs, des scénographes et des costumiers.
Dans l’esprit de l’équipe directoriale du Ballet de Lorraine menée par Petter Jacobsson, on est face à « une carte blanche pour déconnecter la création de la signature de ses auteurs et libérer ainsi la danse du carcan du marketing et des modes. En quoi le nom d’un chorégraphe influence-t-il le rapport du public à son œuvre ? ».
Des contraintes ont été imposées aux chorégraphes invités : même espace scénique (un plateau nu), totale liberté sur l’occupation de ce plateau ainsi que sur l’environnement sonore de leur pièce, sur le choix des costumes et le nombre de danseurs. Contrainte aussi pour le créateur des lumières qui malheureusement ne fait guère preuve d’imagination dans l’éclairage des corps.
L’ordre des pièces présentées a été confiée à Petter Jacobsson, Thomas Caley (coordonateur au Ballet de Lorraine) et Emma Gladstone, directrice du festival britannique Dance Umbrella. Les DJ du spectacle en quelque sorte. Rien à redire à tout cela, sinon que les brefs intermèdes entre chaque pièce sont déconcertants, tant par la gestuelle que par les incompréhensibles borborygmes des interprètes.
Le mérite de cette démarche est donc bien d’offrir à une compagnie permanente de 26 danseurs, libre de tout bagage historique, la possibilité d’explorer un large éventail de l’art de la danse. L’œuvre du chorégraphe n’est plus reçue en fonction du passé de son auteur, mais en tant que telle. On assiste ainsi à des ensembles, des duos parfaitement réglés, innovants et puisant sans gêne dans les styles les plus différents, dont une relecture du Boléro de Ravel, avec un clin d’œil ironique à Béjart.
Un conseil : laisser au vestiaire ses a priori, afin de pleinement apprécier des danseurs eux pleinement heureux de danser.

Chaillot à Paris, 19 janvier 2019 19h45, 22, 23, 25 janvier 2019 20h30, durée 1h15, place de 11 à 37€.

Opéra de Nancy ,26 février 2019

Photo ©Arno Paul.

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