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Critiques / Théâtre

Les Courtes Lignes de monsieur Courteline

par Corinne Denailles

Caf’conc

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Sébastien Rajon est un habitué de l’Athénée. On se souvient de son étourdissante mise en scène du Balcon de Genêt avec Michel Fau. Courteline et ses petites pièces en un acte est un spectacle d’une tout autre catégorie, moins percutant évidemment, mais qui suppose une grande finesse d’exécution. Les situations les plus scabreuses et les plus cocasses, dont le sujet le plus souvent tourne autour d’histoires d’amour, de couples et d’adultères, mais aussi le monde des ronds-de-cuir cher à l’auteur, ou l’univers glauque des prostituées, s’enchaînent comme autant d’instantanés photographiques. Courteline s’y donne à cœur joie, il sculpte au canif, comme il le dit lui-même, ces échantillons de la société qu’il observe avec un regard d’entomologiste. Le ton est vachard à souhait et les bons mots ne manquent pas. L’originalité de la mise en scène est d’avoir voulu lier ces saynettes, de qualité inégales, par des transitions musicales et chantées, donnant à l’ensemble un côté cabaret de bon aloi, un peu coquin, toujours rieur, conduit par un meneur de revue haut en couleurs. La troupe Acte6, qui chante et qui danse avec une belle énergie, fraie avec aisance dans la gouaille et le populaire, le grossier avec eux n’est jamais vulgaire mais tirerait plutôt vers une certaine tendresse pour ces personnages sans envergure désespérément petits, qui ont la gueulante facile pour masquer le pathétique de leur vie.

L’Homme qui a vu le diable

Additif à la soirée, la compagnie propose à 23h un petit spectacle très court inspiré du Grand Guignol, L’Homme qui a vu le diable de Gaston Leroux, l’auteur du Mystère de la chambre jaune et autre roman à frisson du début du siècle. Un couple et leur ami, victime d’un accident dans le Jura, se retrouve un soir d’orage à demander l’hospitalité dans la seule maison habitée alentour. Là vit un homme inquiétant avec sa servante. Les voyageurs apprennent effarés que la porte condamnée est celle de l’enfer où est entré leur hôte pour avoir voulu défier le diable. Monté comme une pochade avec gros effet et sourire en coin, cette farce grand guignol faisait frissonner le public de l’époque. Un exercice de style réussi auquel la troupe a d’évidence pris du plaisir et le public avec eux.

Les Courtes Lignes de monsieur Courteline de Georges Courteline, mise en scène Sébastien Rajon, avec Maline Cresson, Antoine Cholet, Marjorie de Larquier, Jonathan Frajenberg, Frédéric Jessua, Aurélien Osinski, Frédéric Ozier, Stéphanie Papanian, Sébastien Rajon, direction musicale arrangements et piano, Grégorie Veux. Au théâtre de l’Athénée, jusqu’au 2 février 2008. durée : 2h15.

L’homme qui a vu le diable de Gaston Leroux, mise en scène Frédéric Ozier, avec
Maline Cresson, Antoine Cholet, Jonathan Frajenberg, Frédéric Jessua, Sébastien Rajon, Anna Gaylor. Au théâtre de l’Athénée, jusqu’au 2 février. Durée : 50 minutes.
Tél : 01 53 05 19 19

Les Courtes Lignes de monsieur Courteline le 29 avril 2008 à Mâcon, Scène nationale. Tél. : 03 85 22 82 80.

Crédits : Florent Barniaud

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