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Critiques / Danse

Les « Carmen(s) » de José Montalvo

par Yves Bourgade

Des révoltées qui dansent et qui chantent

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En se rendant au nouveau spectacle de José Montalvo « Carmen(s) », il faut avoir à l’esprit qu’il est le fils de réfugiés espagnols, ressortissants d’un pays où beaucoup de femmes portent ce prénom de Carmen, entre autres sa grand-mère, « la pasionaria de mon enfance », aime rappeler le chorégraphe dont la démarche vient, dit-il, d’un attachement aux « métissages artistiques ».
Ces derniers sont pour lui « le processus par lequel des pratiques corporelles ou des éléments artistiques ou culturels disparates s’assemblent et donnent naissance à un élément tiers que l’on ne juge plus uniquement en fonction de ses composants, mais comme un tout ».
Le métissage est effectivement très présent dans « Carmen (s) », chorégraphie qui a été créée fin janvier 2018 à la Maison des Arts de Créteil que dirige maintenant José Montalvo, avant une tournée commençant par Paris.
Métissage d’abord dans la danse, aussi bien sur pointes, pieds nus et naturellement par l’utilisation du zapateado pour les danseuses et des figures de « breakdance » pour les danseurs hommes. L’utilisation de la vidéo permet en outre au chorégraphe des effets spectaculaires et souvent humoristiques, comme le dédoublement des danseurs.
Le métissage, on le retrouve aussi dans le recrutement des membres de la troupe réunie pour ce ballet qui viennent d’Europe, d’Asie et d’Afrique et qui, non seulement s’expriment par la danse, mais encore dans le cas des danseuses femmes, par le chant et avec un texte parlé exaltant la liberté si chère à Carmen.
Avec le titre « Carmen(s) », José Montalvo décline Carmen au féminin pluriel, car ce personnage, pour le chorégraphe « est un être qui traverse les frontières culturelles, aussi bien que chorégraphiques,(…) une révoltée bouillonnante de vitalité, une farouche dynamiteuse de l’ordre social et moral de la fin du XIXème siècle. ».
L’accompagnement musical relève aussi de la pratique du métissage. Il s’appuie naturellement sur des extraits de la musique de l’opéra de Bizet, prolongés par des apports divers de l’Iranien Saied Shanbehzadeh joués notamment par une cornemuse persane et des tambours coréens.
Il ne faut surtout pas rechercher la trame du livret de l’opéra de Bizet ni l’intrigue de la nouvelle de Mérimée dans ce spectacle, dont les différents tableaux gagneraient à avoir peut être davantage de liens entre eux, ce qui aiderait le spectateur dans sa perception de l’ensemble.

Salle Jean Vilar du Théâtre national de la danse de Chaillot à Paris, jusqu’au 23 février 2018, durée 1h20, places 37 €.
Aix-en-Provence, les 16 et 17 mars 2018
Caen 21 au 24 mars 2018
Neuilly ,10 avril 2018
Sceaux, les 3 et 6 mai 2018
Luxembourg, 29 et 30 juin 2018 ;


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