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Critiques / Théâtre

Les Aventures d’Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll

par Corinne Denailles

Jeux d’échelle

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Alice est dans toutes les têtes et dans tous les imaginaires ; on connaît les aventures de la petite fille qui grandit et rétrécit selon ce qu’elle absorbe, qui rencontre un jeu de cartes dont la reine est bien méchante et qui croise sans cesse un lapin pressé toujours en retard, des grenouilles ou encore un drôle de cochon. Les enfants ont probablement entendu l’histoire racontée le soir avant de dormir ou vu un spectacle jeune public ou même le film de Walt Disney qui est malheureusement la référence de base. Tous la connaissent mais personne, ou à peu près n’a lu Lewis Carroll, cet écrivain et photographe anglais à la réputation sulfureuse, et c’est dommage. Il faut dire que ce texte qui s’amuse des jeux d’échelle raconte des histoires à hauteur d’adulte et aux couleurs d’enfance pas si facile à lire pour les plus jeunes.

Un bien beau voyage

Laurent Pelly l’a bien compris et n’a pas conçu sa mise en scène en direction du jeune public spécifiquement. Pour peu qu’on ait prévu une petite préparation par les parents, ou les enseignants, les enfants se régalent et entrent complètement dans la magie, du même pied que les adultes. Jeu d’échelle toujours, hommage à l’auteur. Le clou du spectacle, dirait-on, un travail vidéo et sonore virtuose qui nous transportent dans la dimension rêvée d’Alice. Le spectacle débute par les premières phrases qui s’inscrivent en anglais sur un écran en fond de scène, puis, par des effets spéciaux superbes, la perspective construit une boîte, écho de la boîte, c’est-à-dire la pièce, dans laquelle est enfermée Alice. Les mots sur l’écran arrivent en avalanche matérialisant un espace mental, boîte, tunnel. Car la langue est le premier personnage du texte, et son corollaire, la liberté des mots et de l’imaginaire, l’apanage exorbitant de l’enfance qui s’évapore au fil des ans, comme par un tour que nous aurait joué l’ange qui, à notre naissance, a posé un doigt sur nos lèvres pour qu’on oublie tout de notre vie antérieure. Tout le monde sait ça.

Alice ne porte pas de petite robe à manches ballon ni de nœud rouge dans les cheveux. Elle n’est d’ailleurs pas vraiment là et pourtant on ne voit qu’elle. Alice, c’est Christiane Millet, quand elle n’est pas la narratrice. Tout de blanc vêtue dans un espace immaculé comme la page blanche, elle porte le texte et tous ses points de vue à elle seule. On pourrait croire que Laurent Pelly a construit sa mise en scène sur les mêmes principes que Lewis Carroll son texte, retraduit et adapté pour la scène par Agathe Mélinand. Christiane Millet tourne avec grâce et malice les pages invisibles des aventures d’Alice et nous emmène vraiment au pays des merveilles.

Alice au pays des merveilles, mise en scène Laurent Pelly, avec Christiane Millet. A Lyon, au théâtre des Célestins du 10 au 26 mai 2007. Du mardi au samedi à 20h30. Samedis 19 et 26 à 16h et 20h30. Tél. : 04 72 77 40 40.

crédit photo : Brigitte Enguerand

www.celestin-lyon.org

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