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Critiques / Théâtre

Les 39 marches de Buchan et Hitchcock

par Gilles Costaz

Espionnage et parodie

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Depuis la création française de cette adaptation des 39 Marches en 2009 au La Bruyère et son succès couronné par deux Molières en 2010, on sait que la pièce ne fonctionne pas exactement comme le film d’Hitchcock dont elle est tirée. Le film reposait sur le suspens. Le spectacle dramatique est plutôt un jeu qui se moque sans cesse de l’histoire que l’on est en train de nous raconter. Il rit de sa propre transcription parodique. On ne voit pas de marches dans ces 39 Marches – nom d’une société secrète sur laquelle on n’apprendra jamais la vérité – mais plutôt des courses-poursuites autour d’un personnage de détective très british qui tente de rester flegmatique en traquant un réseau d’espions allemands et ne comprend pas grand-chose au déferlement d’événements qu’il provoque et lui tombent sur les épaules. La soirée est tout à fait irracontable : l’on passe de boîtes de nuit à des chambres d’hôtel, de la jungle des villes aux campagnes les plus désertes.
Eric Métayer, qui avait mis en scène et joué (brillamment) la pièce en 2009, s’est retiré du plateau pour y installer de nouveaux acteurs, dont son fils Kevin Métayer – il ne reste que Christophe Laubion de l’équipe originelle. Au Palace (belle salle populaire, décorée de fresques et pentue), le plateau est plus grand et permet donc un plus grand déploiement des excentricités. Les quatre acteurs, Sarah Gellé, Christophe Laubion, Kévin Métayer, Thomas Ronzeau s’y déchaînent d’autant plus ! Ils changent sans discontinuer d’habit et de rôle. Ils jouent les bons et les méchants, les jeunes et les vieux, et, pour Sarah Gellé, la sexy fatale et la femme pas glamour du tour. Ils sont à la fois les personnages, le récit, le décor, le bruitage ! IAcrobatiques, ils sont dans la folie de la pièce et aussi en dehors d’elle, pour en rire, pour ajouter aux gags leurs clins d’œil. Ils ont le frégolisme des héros de dessin animé. La mise en scène et les décors lâchent sans cesse de nouvelles idées. Tout le monde est dans l’exploit. Les interprètes sont d’une précision diabolique alors qu’ils nous égarent joyeusement dans un ébouriffant labyrinthe comique où une chatte ne retrouverait pas ses petits.

Les 39 Marches de John Buchan et Alfred Hitchcock, adaptation de Patrick Barow, concept original de Simon Corble et Nobby Dimon, adaptation de Géradl Sibleyras, mise en scène d’Eric Métayer, décors de Nils Zachariasen, costumes de Monica Mucha, lumières de Philippe Quillet, vidéo de Paul Belêtre, son de Vincent Lustaud, avec Sarah Gellé, Christophe Laubion, Kévin Métayer, Thomas Ronzeau.

Le Palace, horaires variables, tél. : 01 40 22 60 00. (Durée : 1 h 50).

Photo DR.

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