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Critiques / Danse

"Le songe" sur le mode ternaire des Ballets de Monte-Carlo

par Yves Bourgade

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Depuis 1876 avec Marius Petipa, la comédie de William Shakespeare Le songe d’une nuit d’été et la poétique et légère musique de scène qu’elle a inspirée à Felix Mendelssohn, n’ont jamais cessé de donner des idées aux chorégraphes.
Un des derniers en date est le Français Jean-Christophe Maillot qui a signé « sa » version en 2005 pour les Ballets de Monte-Carlo dont il a la charge de la direction artistique depuis 1993. Cette compagnie danse ce « Songe » en cette fin de saison à Paris à Chaillot-Théâtre national de la danse.
Il a été précédé, outre par Petipa, par des personnalité marquantes de la danse comme Michel Fokine, John Taras, George Balanchine, Frédéric Ashton, Hans Spoerli et John Neumeier. De ce dernier, la version de 1977 par le Ballet de Hambourg a fait date et à été reprise par le Ballet royal danois en 1980, par les Ballets de l’Opéra de Paris en 1982, de l’Opéra de Vienne en 1986 et de l’Opéra de Munich en 1993.
La chorégraphie de Neumeier a dû marquer J.-C. Maillot qui fut soliste au Ballet de Hambourg et a dansé la version du chorégraphe américain. Comme lui, il conserve les trois univers qui cohabitent dans la pièce de Shakespeare : celui des Athéniens mené par leur roi Thésée et sa fiancée Hippolyte, celui des Fées avec Obéron et Titania et celui des artisans. Il charge ces trois univers d’un sens toutefois différent. Ce sont, au lieu de trois niveaux de conscience, trois univers qui correspondent aux trois stades de maturité chez le danseur : celui de la tradition, celui de danseurs plus aguerris qui vivent pleinement leurs corps et celui d’artistes libres, autant danseurs que comédiens, et ne se souciant plus guère du jugement de goût. Puck, va de l’un à l’autre, se démène, tantôt drôlement juché sur un segway camouflé en énorme fleur, tantôt à quatre pattes et prompt à la détente.
Alors que Neumeier s’appuie sur la partition instrumentale et vocale de Mendelssohn, sur de la musique de Ligeti et d’orgue de Barbarie, J.-C. Maillot utilise, pour chaque univers, des musiques distinctes, celle de Mendelssohn, celle dictée par des forces de la nature signée Daniel Teruggi et celle correspondant à un univers décalé commandée à Bertrand Maillot dans une scénographie mouvante du plasticien Ernest Pignon-Ernest, initiateur de l’art urbain en France.
Si sur le papier la démarche de J.-C. Maillot se tient, il faut toutefois recommander au futur spectateur de relire la fantaisie de Shakespeare pour apprécier pleinement sa chorégraphie, servie par une compagnie monégasque rompue à la comédie et au style néoclassique efficace de la danse de son directeur.

Chaillot- Grande salle, jusqu’au 15 juin 2018, durée 2 heures, places.de 8 à 41 €, les 12, 13, 15 juin 20h30, 14 juin 19h30.

Photo © Alice Blangero

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