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Le décès de Jean-Albert Cartier

par Yves Bourgade

La disparition d’un esthète

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Jean-Albert Cartier, qui vient de mourir fin décembre à 85 ans, aurait mérité un article dans le Dictionnaire de la danse Larousse, activité artistique à laquelle il a contribué de donner un essor en France dans la deuxième moitié du XXème siècle.Son nom n’est cependant pas oublié dans cette publication, car il est associé aux articles consacrés à deux compagnies de danse qu’il a créées et dirigées, avec le soutien de l’Etat et de collectivités territoriales : le Ballet théâtre contemporain (BTC) de 1968 à 1978, à Amiens puis à Angers et le Ballet de Nancy de 1978 à 1987. Le BTC fut l’institution pionnière dans le sillage de laquelle furent créés les Centres chorégraphiques nationaux.

L’action de Jean-Albert Cartier ne s’est cependant pas bornée à la danse. L’esthète qu’il était et qui avait débuté comme critique d’art pendant quinze ans au journal Combat et au Jardin des Arts, a été aussi le directeur d’institutions lyriques à Paris, principalement le Châtelet qu’il relança à partir de 1980 et pendant huit ans, à Angers, Nancy et Nice, l’initiateur de festivals en Anjou, à Paris et à Versailles. Il était pleinement ce qu’on appelle un directeur artistique, c’est à dire un responsable qui avait du flair et qui une fois qu’il avait choisi un artiste, le laissait s’exprimer en toute liberté.

Sa fréquentation de grands plasticiens de l’après deuxième guerre mondiale l’amena tout naturellement à associer avec bonheur peintres et sculpteurs aux arts du spectacle, principalement la danse et l’opéra, sans oublier la musique la plus novatrice, et à tenter ainsi des mariages, a priori, surprenants.

Il y a un an, Jean-Albert Cartier a publié un livre de souvenirs Le Manteau d’Arlequin, aux Editions de l’Amandier. Cet ouvrage s’ouvre symboliquement sur des textes signés par trois créateurs vivants qui, dans des domaines différents, témoignent de leur reconnaissance à ce directeur. Ce sont : le peintre Gérard Fromanger, le chorégraphe Tchèque Jiri Kylian et le metteur en scène franco-argentin Jorge Lavelli.

Metteur en scène déjà reconnu au théâtre, Jorge Lavelli fut invité en 1975 à monter Idoménée de Mozart par le Théâtre musical d’Angers que dirigeait alors Jean-Albert Cartier en même temps que le BTC transporté d’Amiens à Angers. Ce fut une mémorable réussite qui fait encore autorité par ses trouvailles scéniques et qui lança la carrière de metteur en scène lyrique de Jorge Lavelli. Plus tard au Châtelet, Jean-Albert Cartier s’attacha notamment le metteur en scène et décorateur italien Pier Luigi Pizzi qui s’imposa dans l’univers de l’opéra baroque.

La liste est longue des artistes qui doivent tant à ce directeur artistique et esthète, race qui n’est pas courante.

Photo ©DR Théâtre du Châtelet

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