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Critiques / Théâtre

Le Songe d’une nuit d’été de Shakespeare

par Gilles Costaz

La vitesse du désir

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Les acteurs qui sortent de la jeune Ecole d’art dramatique du Lucernaire ont la chance d’être, les études finies, sur la scène du Lucernaire. Ils créent ainsi leur premier spectacle professionnel. Pour cette deuxième promotion, Philippe Person a choisi Le Songe d’une nuit d’été ; il a adapté et réduit la pièce de Shakespeare en fonction des personnalités, en lui donnant aussi une facétie plutôt moderne : les personnages sont plus proches de nous que de la Renaissance, le rock jaillit parfois d’une guitare électrique. On sait que la féerie se passe d’abord à Athènes, puis dans une forêt où la magie et les gaffes de quelques balourds entremêlent les vies de jeunes seigneurs et d’êtres surnaturels, tandis que des comédiens amateurs – les plus mauvais acteurs du monde, des prolétaires pour lesquels Shakespeare n’a guère de tendresse – contribuent au dérapage incontrôlé de la nuit d’été.
Il y a là à peine de forêt. Juste quelques minuscules éléments de décor. Une bonne partie du mystère qui vient de derrière les rideaux noirs. Et ça file vite ! A la vitesse du désir, dont les comédiens savent jouer l’élan avec élégance. Et à la vitesse de la farce quand les malentendus s’accumulent. C’est un véritable exploit que d’avoir concentré autant de vie théâtrale, d’événements, de douceur et de violence dans un espace-temps aussi resserré. Léonard Ballesteros, Lucas Bottini, Jordan Brandao Rodrigues, Cindy del Salto Vitery, Florian Edet, Eléna El Ghaoui, Elodie Fischlenski, Manon Hincker, Florine Leleu, Angéliqua Louis, Thomas Modeste et Lolilla Siourd ont d’évidentes personnalités. Leur prestation est brillante. Leur spectacle, dans la mise en scène joyeusement sensuelle de Florence Le Corre et Philippe Person, n’épuise pas toutes les richesses de la pièce (il n’en a pas l’intention, il est modeste et ambitieux à la fois) mais il est d’un charme fou.

Le Songe d’une nuit d’été de Shakespeare, adaptation de Philippe Person, mise en scène de Florence Le Corre et Philippe Person, lumière d’Alexandre Dujardin, décor de Vincent Blot, musique de Manon Hincker, avec le Collectif Même Service, deuxième promotion de l’Ecole d’art dramatique du Lucernaire : Léonard Ballesteros, Lucas Bottini, Jordan Brandao Rodrigues, Cindy del Salto Vitery, Florian Edet, Eléna El Ghaoui, Elodie Fischlenski, Manon Hincker, Florine Leleu, Angéliqua Louis, Thomas Modeste, Lolilla Siourd.

Lucernaire, Paris, 19 h, tél. : 01 45 44 57 34. Jusqu’au 26 août. (Durée : 1 h 25).

Photo Jennifer Guillet.

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