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Le Festival d’automne

par Dominique Darzacq

Sur le vif de la création

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Lorsqu’en 1972, Michel Guy crée le Festival d’automne, il s’agit pour lui, d’ouvrir les frontières à l’art contemporain dans la pluralité de ses disciplines, de ses formes, de ses langues, de faire de Paris un lieu de circulation, de brassage et de confrontation en privilégiant les démarches expérimentales, en accueillant des œuvres inédites.

Plein feux sur le Japon

Si trente sept éditions plus tard, le voyage des langues est devenu monnaie courante, il n’en reste pas moins de belles découvertes à faire. En effet, le vif de la création ne saurait s’abstraire des bouleversements du monde, de leurs faits et méfaits sur l’homme, « ce gouffre au-dessus duquel on ne peut se pencher sans vertige ». C’est à cette unité de mesure que se décline les manifestations théâtre, danse, musique, expositions, proposées par le Festival d’Automne qui, cette année, braque ses projecteurs sur le Japon , « qui polit aujourd’hui des miroirs où nous nous reconnaîtrons demain ».
A part la saisissante installation du compositeur-plasticien Ryoji Ikeda, qui nous propose de découvrir l’Humain à travers la transcription graphique des codes génétiques d’hommes et de femmes (jusqu’au 12 janvier au Centre Pompidou), les spectacles proposés restent peu de temps à l’affiche, aussi faut-il les saisir au vol. Dans le domaine du théâtre, après Oriza Hirata et son Tokyo Notes le mois dernier, le Festival d’Automne nous invite à découvrir le travail métissé de Toshiki Okada qui, entre théâtre et danse, naturalisme et abstraction, met sur la scène la dure réalité du Japon d’aujourd’hui avec Five Days March (Théâtre de Gennevilliers) et Free Time (Cent Quatre).

L’Europe aussi

Du lointain, le Japon, au plus proche, l’Europe et ses environs, le Festival s’attache à révéler au public des œuvres inédites qui chamboulent les clivages des formes et font écho au présent de l’histoire : c’est L’Homme d’hier, conçu par Tiago Rodrigues, Rabih Mroué, Tonny Chakar, trois artistes majeurs d’une scène sans frontière qui remettent en cause la relation espace- forme. Le spectacle raconte le voyage d’un étranger confronté aux différentes, et parfois violentes, mutations de Beyrouth. Ce sera au Théâtre de la Bastille où la troupe flamande De Koe revisite la fabuleuse scène de ménage concoctée par Edward Albee, Qui a peur de Virginia Woolf.
A découvrir également un duo d’acteurs siciliens qui, avec autant de subtilité que de drôlerie, nous racontent ce qui reste d’humain au milieu du désastre dans Nunzio et La Busta de Scipo Scimone au Théâtre du Rond-point.
Défendre le cosmopolitisme et l’innovation n’empêche pas de nous faire percevoir les vibrations des grandes œuvres du passé. C’est tant mieux car, par leur éclat scénique et la pertinence de leur lecture, la reprise de La Seconde Surprise de l’amour de Marivaux mise en scène par Luc Bondy (théâtre des Bouffes du Nord) et Coriolan de Shakespeare dans la mise en scène Christian Schiaretti qui d’un même geste noue l’épique et le politique (théâtre Nanterre/Amandiers), élargiront heureusement le cercle des connaisseurs.

Five Days March de Toshiki Okada au Théâtre de Gennevilliers, du 17 au 22 novembre 2008
Free Time au Cent Quatre, du 25 au 29 novembre 2008
Qui a peur de Virginia Woolf d’Edward Albee du 27 novembre au 5 décembre 2008
L’’Homme d’hier de Tiago Rodrigues, Rabih Mroué, Tonny Chakar, au théâtre de la bastille, du 1er au 7 décembre 2008
Nunzio, La Busta de Scipo Scimone, au Théâtre du Rond-point, du 6 au 30 novembre
La Seconde Surprise de l’amour de Marivaux au théâtre des Bouffes du nord du 25 novembre au 20 décembre 2008
Coriolan de Shakespeare, au théâtre Nanterre-Amandiers du 21 novembre au 19 décembre 2008

Photo : Toshiki Okada, Five Days March

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