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Le Corsaire Ballet mythique au Palais Garnier

par Yves Bourgade

Première venue à Paris de l’English National Ballet

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Les amateurs des figures et des prouesses de la danse académique se régalent notamment du spectacle des pas de deux, en particulier de celui du Corsaire que Rudolf Noureev (1938-1993) popularisa dans le monde avec différentes partenaires, en tête Margot Fonteyn (1919-1991).
Ce morceau est souvent imposé ou choisi dans les concours. Le danseur et chorégraphe marseillais installé en Russie à la fin du XIXème siècle, Marius Petipa (1818-1910) a donné au pas de deux (que l’on retrouve dans nombre de ballets du XIXème siècle) une structure fixe pour exprimer le chant d ‘amour d’un couple : adage, variations d’abord masculine, puis féminine, coda.
Dans l’adage, moment poétique par excellence, le danseur-homme harmonise ses mouvements avec ceux de sa partenaire dont il n’est plus seulement un faire-valoir par des portés spectaculaires. Avec les variations et la coda (un morceau de bravoure avec petite batterie, manèges, fouettés), il peut donner toute la mesure de sa virtuosité.
Ce préambule pour dire que le ballet Le Corsaire librement inspiré d’un poème de Lord Byron et au climat orientalisant, mérite d’être vu dans sa totalité. L’occasion est offerte par la première tournée à Paris de l’English National Ballet au Palais Garnier, à l’invitation du Ballet de l’Opéra du 21 au 25 juin, pour six représentations
.
En 2008, le Bolchoï de Moscou, invité aussi de l’Opéra de Paris, y avait présenté une version du Corsaire à la tournure contemporaine peu satisfaisante. Vingt ans avant, le Kirov de Saint-Petersbourg avait ramené ce ballet en France où il avait été créé à l’origine en 1856 dans un livret et chorégraphie de Joseph Mazilier (1797-1868) sur une musique d’Adolphe Adam (1803-1856) et où il fut abandonné après 1867.
Le Corsaire a en revanche connu plusieurs versions en Russie, par le truchement notamment des deux Français Jules Perrot (1810-1892) et Marius Petipa. Danseur avant de devenir chorégraphe, Petipa interpréta, à la création du « Corsaire » en Russie en 1858, le principal protagoniste masculin. Le rôle était alors mimé et devint un rôle dansé à l’instigation de Petipa qui pratiqua également divers ajouts musicaux pour accompagner ses adjonctions dansées de 1863 à 1899 (Pas des esclaves, Pas des odalisques, la tableau du Jardin enchanté).
L’English National Ballet qui présente Le Corsaire à Paris, le danse dans une version de 1973 qui s’appuie sur Petipa et le Russe Constantin Sergeyev (1910-1992), un produit du Kirov dans sa période soviétique. La troupe britannique créée en 1950 d’abord sous le titre London Festival Ballet, dans sa pratique de la danse académique, se rattache à la tradition de la danse justement dans sa pratique russe. Ses fondateurs Alicia Markova (1910-2004) et Anton Dolin (1904-1983) firent en effet partie des Ballets russes de Serge Diaghilev (1872-1929). Le récit des amours contrariées du fougueux corsaire Konrad et de la pupille d’un marchand d’esclaves, réclame des solistes confirmés, virtuoses et expressifs, mais également sollicite le corps de ballet ainsi que d’autres solistes pour une intrigue touffue, pleine d’enlèvements, de scènes de révolte et de naufrage.
Une Canadienne, Anna–Maria Holmès, spécialiste des ballets du répertoire classique occidetal, a reconstitué l’actuelle version du Corsaire montée par l’English National Ballet.

Le Corsaire par l’English national Ballet et l’Orchestre Colonne, Palais Garnier , 21, 22, 23, 24 juin, 19h 30, 25 juin 14h30 et 25 juin 20h, durée 2h20, places de 10 à 140€.

Photos 1/ Le Corsaire © ASH , 2/Alina Lojacaru / Le Corsaire ©ASH

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