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Critiques / Théâtre

Le Bourgeois gentilhomme

par Jean Chollet

Une fête gentiment spectaculaire

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Répondant au souhait de divertissement du roi Louis XIV, cette comédie de Molière fut créée le 14 octobre 1670 à Chambord. Depuis, elle a fait l’objet de très nombreuses mises en scène en France et à travers le monde, bien qu’elle ne soit pas considérée comme une œuvre majeure de l’auteur de Don Juan, Tartuffe, L’Avare ou du Misanthrope.

Nouveau riche sans culture, Monsieur Jourdain, rêve d’intégrer la noblesse et ainsi devenir “ un homme de qualité ”. Pour se faire, il engage des maîtres pour s’ouvrir à la connaissance de la musique, de la danse, des armes et de la philosophie. Il tente d’imiter les usages de la classe enviée jusque dans ses vêtements et accessoires - devenant adepte du “bling - bling” avant la lettre – et tombe amoureux d’une jeune marquise, sans hésiter à dilapider sa fortune, mettre en danger son ménage ou sacrifier le bonheur de sa fille.

Un personnage qui a tenté bon nombre de comédiens au fil de ces dernières années, de Louis Seigner et Jacques Charon à Jérôme Savary ou Michel Robin. Aujourd’hui, c’est au tour de François Morel d’interpréter le rôle de ce bourgeois prenant ses rêves pour des réalités. Il lui apporte dans un mélange nuancé de naïveté et d’humour - parfois aux limites du surréalisme – et jusque dans l’expression de ses excès tyranniques et de ses illusions, une attachante humanité.

Comédienne de grand talent, Catherine Hiégel a fréquenté Molière à maintes occasions durant ses quatre décennies passées à la Comédie-Française. Comme interprète, mais également en réalisant trois mises en scène de ses œuvres (Le Misanthrope, Georges Dandin, L’Avare). En assurant hors de cette institution, une nouvelle version du Bourgeois, elle n’a pas tenté une relecture de la pièce mais s’être surtout attachée, parfois avec malice, à rester fidèle à l’esprit festif de cette comédie – ballet.


Profitant des moyens importants offerts par cette production du Cado- Orléans, la représentation intègre, dans le décor allégorique de Goury, (toile peinte et moulages kitch), une vingtaine de comédiens, danseurs, chanteurs et musiciens. Les musiques composées par Lully étant interprétées avec application par l’ensemble de musique baroque orléanais La Rêveuse. Dans les costumes colorés de Patrice Cauchetier, qui semblent répondre à l’univers illusoire de Monsieur Jourdain, l’interprétation autour de François Morel est surtout marquée par la présence de Marie – Armelle Deguy ( tonique Madame Jourdain), Alain Pralon ( jubilant maître de philosophie) ou Geraldine Roguez (piquante Nicole). Le reste d’une distribution inégale ne se hisse pas au même niveau et altère la qualité globale d’un spectacle dont l’aspect ludique constitue toutefois un indéniable attrait.

© M. Maggliocca

Le Bourgeois gentilhomme de Molière et J.B. Lully, mise en scène Catherine Hiégel, avec François Morel, Alain Pralon, Marie-Armelle Deguy, Olivier Bioret, Anicet Castel, Stephen Collardelle, Joss Costalat, Eugène Lefebvre, David Migeot, Emmanuel Noblet, Romain Panassie, Camille Pelicier, Gilian Petrovski, Géraldine Roguez, Frederic Verschoore, Héloïse Wagner et cinq musiciens de Ensemble musical La Rêveuse. Décor Goury, lumières Dominique Borrini, costumes Patrice Cauchetier, chorégraphie Cécile Bon. Durée 3 heures avec entracte. Théâtre de la Porte Saint-Martin jusqu’au 27 mai 2012.

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