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Critiques / Danse

Le Ballet de l’Opéra de Lyon

par Yves Bourgade

Dans la spirale dansante d’Anne Teresa de Keersmaeker

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Depuis une trentaine d’années maintenant, le Ballet de l’Opéra de Lyon s’affirme comme « une compagnie de formation classique tournée vers la danse contemporaine », selon la définition de son directeur de la danse depuis décembre 1991, le danseur franco-grec Yorgos Loukos. Ce dernier avait été appelé dès 1985 comme maître de ballet par celle qui a remis sur les rails le Ballet de l’Opéra de Lyon, la danseuse et chorégraphe Françoise Adret, une figure à laquelle en France la danse créative de la deuxième moitié du XXème siècle doit beaucoup.

Yorgos Loukos a eu la possibilité de travailler sur le long terme et on peut en mesurer le résultat avec Drumming Live d’Anne Teresa de Keersmaeker sur une partition percusive éponyme de Steve Reich qui, ce printemps 2015, est entrée le 7 avril 2015 au répertoire de la compagnie lyonnaise, laquelle partira ensuite en tournée dans quatre villes des Etats-Unis et du Canada, de la mi-avril à début mai, avec un large éventail des chorégraphies qu’elle danse.

Le répertoire du Ballet de l’Opéra de Lyon, c’est actuellement 103 pièces dont 52 en création mondiale par des chorégraphes qui « privilégient le langage, le faisant évoluer, inventant son environnement et sa mise en espace » commente Yorgos Loukos. On y trouve les « post-modern » américains, les « écrivains » du mouvement, les explorateurs de territoires nouveaux mêlant gestuelle et images, les représentants de la jeune danse française et ceux ouverts à la franche théâtralité avec des relectures décapantes comme la Cendrillon revue par Maguy Marin, la chorégraphie-fétiche du Ballet de l’Opéra de Lyon.

La Belge Anne Teresa de Keersmaeker passée pour sa formation par Mudra à Bruxelles et par le département danse de la New York University School of Arts, fondatrice en 1983 de la compagnie Rosas, se caractérise par un souci de « développer des stratégies possibles entre la danse et la musique ». La chorégraphe collabore pour Drumming Live qu’elle a créée en 1998 pour Rosas avec le compositeur répétitif américain Steve Reich dont la musique est interprétée à Lyon par l’Ensemble Ictus (dix musiciens), une soprano et une mezzo. Elle considère cette chorégraphie comme un « ballet de milieu de carrière », le deuxième qu’elle a créé avec Steve Reich après Fase, un duo vigoureux et ludique en 1982 et avant Rain, chaque fois la scénographie et les lumières étant de Jan Versweiveld et les costumes de Dries Van Notem.

Le flot continu de la musique de Drumming Live on ne peut plus minimaliste et où interviennent surtout bongos, marimbas, xylophones et voix humaines, a réclamé de la part de douze des danseurs lyonnais une virtuosité bondissante et rythmique maximum, en vue de restituer rigoureusement la poésie graphique recherchée par la chorégraphe. Le résultat est pendant une heure une véritable spirale dansante dont le vocabulaire nait d’une phrase de base pour aboutir à une pulsation irrésistible.

Anne Teresa de Keersmaeker qui a réglé elle-même cette reprise de son œuvre, a collaboré dès 2006 avec la compagnie lyonnaise pour Die Grosse Fugue et a accepté le principe d’un rendez-vous régulier, le prochain devant être autour de Rain.

Drumming Live à l’Opéra de Lyon jusqu’au 11 avril (10 à 38 euros),
Puis en tourné : Chalon sur Saône le 6 juin et, entre, en avril à Seattle du 16 au 18, à Ottawa le 22, à Ann Arbor du 24 au 26 et à New York du 29 avril au 3 mai avec des chorégraphies de Benjamin Millepied, William Forsythe, Emanuel Gat et Maguy Marin.

- Cendrillon de Maguy Marin à Chambéry les 3 et 4 juin.)

Photos : Drumming Live ©Stofleth

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