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Critiques / Opéra & Classique

Lady Macbeth de Mzensk

par Charles Rosenbaum

À la sauce magyar

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Si on veut voir un Chostakovitch plus léger et comique, on va à Lyon (Moscou, quartier des merises). Si on préfère du Chostakovitch plus tragico-comique, la bonne adresse est Nantes et Angers, et la Cité de la Musique à Paris (Le Nez). Mais si on veut retrouver un Chostakovitch tout à fait tragique, c’est bien entendu à Budapest qu’il convient de se rendre. La capitale de la Hongrie propose actuellement, dans son très beau théâtre, des représentations du chef d’œuvre du compositeur russe. Lady Macbeth du district de Mzensk.

On se pose la question du titre, en sachant que Chostakovitch ne s’est guère inspiré de Shakespeare, mais plutôt d’une nouvelle de Leskov . Une jeune femme tuera son beau-père et son mari. Condamnée avec son amant, elle tuera encore sur le chemin du bagne, avant de se suicider. À la création en 1935, le thème fut jugé trop réaliste par Staline. Et Chostakovitch connut dès lors, toutes les avanies possibles. Il faut avant tout éviter de prendre comme référence l’excellente représentation en 1994, à l’Opéra National de Paris Bastille. La mise en scène, signée André Engel, était remarquable d’intelligence et avec un style très raffiné. La direction d’orchestre était celle de Myung Whun Chung, dans sa plus belle forme. Les chanteurs dans l’ensemble étaient parfaits !

Des jeunes amants dévorés par la passion

À Budapest, où l’on a fait de très grands progrès, on ne peut encore prétendre à la meilleure qualité internationale. La production est très honorable, Chostakovitch peut rester en paix. Sa mémoire n’est pas trahie même si les connaisseurs prétendent que la prononciation russe des chanteurs n’est pas parfaite. La mise en scène d’Attila Vidnyanszy est sans relief, mais comporte quelques bons moments : Là où Chostakovitch est le plus jazzy ! La scène finale, sur la route du goulag comporte sa part d’intensité et d’émotion. L’affiche est hongroise exclusivement. Le chef d’orchestre : Janos Kovacs. Katerina : (Gyöngyi Lukacs) et Sergueï (Zaplecsnyj Vagyim), forment le couple tragique et criminel. Ils correspondent à l’idée que l’on se fait de jeunes amants dévorés par la passion. Ils chantent avec beaucoup de conviction et de talent ! On souhaite les réentendre dans un ouvrage plus occidental.

Lady Macbeth de Mzensk, de Dimitri Chostakovitch. Opéra en quatre actes et neuf tableaux. Livret d’Alexandre Preis et Dimitri Chostakovitch, d’après la nouvelle de Nicolaï Leskov. Mise en scène : Attila Vidnyanszy. Décor et costumes : Alekszandr Belozub. Direction musicale Janos Kovacs. Katerina : Gyöngyi Lukacs ; Sergueï : Zaplecsnyj Vagyim ; Zinovij : Peter Kiss ; Boris : Istvan Berczelly.
Opéra National Hongrois de Budapest. 12, 16,19,24,27 et 30 mars.

Photo : Béla Mezey

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