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Critiques / Danse

La technique "Gaga"

par Yves Bourgade

Une application au Ballet de l’Opéra de Paris

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Danse-critiques
Référence dans le monde en matière de danse classique depuis plus de trois siècles, le Ballet de l’0péra de Paris prouve chaque saison sa réceptivité aux expériences nouvelles à côté de sa vocation patrimoniale.
En cette rentrée d’automne 2018, la compagnie est mise à l’épreuve de la technique « Gaga » imaginée par le danseur et chorégraphe israélien Ohad Naharin, directeur de la Batsheva Dance Company de Tel Aviv.
Le résultat a beau être une danse presque primitive, décoiffante, car loin des codes classiques, le public fait à chaque représentation un triomphe à la compagnie dans Decadance de Odad Naharin, au Palais Garnier. Il faut dire que les 35 artistes du Corps de Ballet de l’Opéra de Paris distribués (18 femmes et 17 hommes) ne semblent pas rechigner à cette expérience.
Ohad Naharin, née en 1952, a déjà collaboré une première fois en 2000 avec le Ballet de l’Opéra de Paris qui a aussi invité en 2015 la Batsheva Dance Company à se produire sur son plateau de Garnier.
Il bouscule indubitablement les conventions. A partir du moment où cela est admis, la danse à laquelle il fait appel, peut apparaître objectivement séduisante par sa puissance et son côté athlétique. Sur des musiques le plus souvent tonales et mélodieuses, elle ne raconte rien, se développe dans un décor et des lumières réduits au minimum pour mettre en valeur sauts, chutes et contorsions. Les bases classiques sont détournées dans des figures qui ne ressortissent d’aucun code connu. Vagues de douceur alternent avec excès de tempête.
Decadance que Ohad Naharin a préparé avec les danseurs de l’Opéra de Paris, est annoncé comme constitué par un collage de séquences extraites de pièces de son répertoire – « dix », d’où le titre Decadance -, un collage de sections de pièces constamment retravaillées.
Pour adhérer à la démarche de Ohad Naharin, il faut savoir ce qu’il entend par « Gaga ». « Une technique, davantage une recherche de langage du mouvement, par une meilleure compréhension individuelle du corps et de ses limites », explique-t-il.
En outre « le studio de danse est un laboratoire pour moi » dit-il. Et il précise : « je considère que mon rôle de chorégraphe est d’aider les danseurs à dépasser chaque jour les limites de ce qui leur est familier, de les aider dans la recherche de leurs langages en mouvement, dans leur façon de relier leurs émotions, leurs sentiments, leurs démons et leur sensualité pour en faire une forme ». Mission en apparence remplie à l’Opéra.

Palais Garnier : Les 6, 7, 9,11,12, 13,15, 16,18 et 19 octobre 2018 à 20h, 13 octobre 2018 à 14h30, durée 1h20, places de 12 à 112 € , sauf le 13 octobre 2018 de 12 à 99.
Photo OnP ©Julien Benhamou

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