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Critiques / Danse

La Martha Graham Dance company

par Yves Bourgade

Aux sources de la "modern dance" américaine

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Si l’on peut dire que la danseuse et chorégraphe Martha Graham (1894-1991) est une des pionnières de la « modern dance » américaine, il faut préciser qu’avec la compagnie qu’elle a fondée en 1926 et qui continue à se produire, cette personnalité hors pair a non seulement « enrichi le vocabulaire de la danse contemporaine », mais aussi a « transformé le spectre de cet art ».
Cette équipe a en effet créé des pièces dans des contextes contemporains (sociétal, politique, psychologique, sexuel) qui intensifient leur impact et leur résonance. Des pièces qui composent toujours le fonds du répertoire de la Martha Graham Dance Company et dont certaines, emblématiques de ce répertoire, sont présentées par cette dernière au Palais Garnier à Paris, à l’invitation du Ballet de l’Opéra du 3 au 8 septembre 2018.
La Martha Graham Dance Company qui n’était pas venue en France depuis 1990 (c’était à la Biennale de la Danse de Lyon) et que dirige depuis 2005 Janet Eilber (une ancienne danseuse de la compagnie), ne se contente pas toutefois de faire vivre les pièces de sa créatrice, elle accueille également des artistes contemporains s’inscrivant dans la vision de Martha Graham ou apportant des perspectives différentes aux classiques de la danse.
Cinq ballets sont affichés au Palais Garnier en cette ouverture de saison parisienne 2018-2019). Trois d’entre eux sont des grands succès de la chorégraphe américaine : Appalachian Spring de 1944, musique de Aaron Copland et Cave of the Heart de 1946, composition de Samuel Barber et The rite of spring sur la partition d’ Igor Stravinsky (1984).

Appalachian Spring qui appartient à la veine américaine de son inspiration, est une évocation de la joie du printemps dans un monde pionniers. Y interviennent un prédicateur ambulant, le revitalist, personnage typique de la jeune Amérique rurale qui permet à Martha Graham de dénoncer l’étroitesse du puritanisme.
Cave of the heart est basé sur un thème inspiré du fonds grec et développé comme exemple d’un problème fondamental de l’humanité : Médée ou l’amour folie. Un élément scénographique y symbolise la multiplicité des intentions de la chorégraphe et permet d’en suivre le développement à travers l’action chorégraphique. Cet élément scénographique est un bouclier incurvé sur lequel la protagoniste, Médée, oscille au moment où son destin hésite encore. On pourra voir dans ce détail le souci de Martha Graham de faire participer le public à sa liturgie chorégraphique.
Après avoir dansé l’élue du Rite of Spring (Sacre du Printemps) en 1930 dans la chorégraphie de Léonide Massine, la chorégraphe en donna sa vision en 1984. L’expression physique primale, sceau de son style, est connectées avec les essences primitives évoquées dans la partition révolutionnaire du compositeur russe.
Les deux autres ballets programmés sont : le solo Ekstasis de 1933, exploration d’un cycle de distorsions du corps notamment de la hanche et de l’épaule, sur une musique de Ramon Humet et Lamentation Variations de 2007 et 2009 sur des partitions de Dowland, Chopin et Mahler, une proposition de d’esquisses chorégraphiques spontanées faites à trois artistes actuels, à partir du film du solo légendaire de 1930 de Martha Graham, Lamentation.

Palais Garnier du 3 au 8 septembre 2018 à 19h30 , durée 2h00,
places de 12 à 110 euros, sauf les 5 et 4 septembre de 12 à 99 euros et le 6 septembre de 12 à 121 euros

"Le Sacre du Printemps" photo : Ani Collier, "Appalachian spring" photo Brigid Rer

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