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Critiques / Théâtre

La Faculté de Christophe Honoré

par Jean Chollet

Eric Vigner et ses académiciens dans une tragédie contemporaine

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En octobre 2010, Eric Vigner, metteur en scène et directeur artistique du Centre dramatique national CDBB – Théâtre de Lorient, crée une Académie internationale ouverte sur une recherche théâtrale associant sept jeunes acteurs. Français d’origine étrangères (Mali, Maroc, Israël,) ou issus de pays étrangers (Allemagne, Belgique, Corée, Roumanie) maitrisant notre langue. Avec une volonté de transmission qui s’accompagne d’un métissage des origines, des cultures et du langage. Une expérience d’une durée de trois ans durant laquelle, outre une formation, s’organise autour de trois étapes de travail. Une sur le théâtre classique à travers la production de La Place Royale de Corneille, la seconde orientée sur le théâtre documentaire avec Guantanamo, du producteur à France Culture et écrivain Frank Smith. Le troisième volet étant consacré à l’écriture dramatique contemporaine, pour lequel le cinéaste et metteur en scène Christophe Honoré, artiste associé au CDBB, s’est proposé d’écrire cette pièce, La Faculté (Actes Sud–Papiers), créée à l’occasion du Festival d’Avignon. Elle clôture – pour l’instant - un cycle expérimental dont le contexte et l’objectif sont à prendre en compte lorsque l’on assiste à la représentation.

L’auteur de Nouveau roman, également programmé dans ce festival, situe sa pièce sur le campus d’une université inscrite en bordure d’une cité de banlieue. L’histoire réunit une famille composée de trois garçons, Jérémy, Kevin et Yoann, élevés par leur mère solitaire, Madame Leflamair. Autour d’eux gravitent amis, amants ou relations. Un Magrébin appelé Ahmed, partenaire sexuel soumis de son prof de fac Stéphane et amoureux du séduisant Harouna, accompagnés de deux filles Anna, dealeuse occasionnelle, et de la secrète Souab. Une nuit, Ahmed est frappé à mort. Le crâne fracassé à coups de casque de moto, il décède lors de son transport à l’hôpital. Ce fait divers tragique, dont l’issue dépasse la volonté de ses auteurs, Kevin, Yoann et Harouna, entraine des frottements avec plusieurs registres et interrogations. Racisme, homosexualité, homophobie, amour, relations et affections familiales, dont les pistes sont explorées à travers un langage et des situations dont la violence et la cruauté peuvent choquer les âmes sensibles (ou les « faux culs »), tout en reflétant une part enfouie de la réalité quotidienne vécue par la jeunesse d’aujourd’hui. Même si, dans sa globalité et son écriture, la pièce qui s’apparente à un scénario peut soulever quelques réserves.

En utilisant pour la première fois les abords extérieurs du lycée Mistral, Eric Vigner a organisé un espace où, au milieu des pins et des réverbères, la neige prévue dans le texte est remplacée par des plans et monticules de sable blond. Adossés aux façades des bâtiments environnants, cette scénographie naturelle trouve ainsi une relation évocatrice de la cité et de la faculté. Cette implantation permet de diversifier les plans de localisation en alternant avec une profondeur de champ quasi cinématographique, productrice d’images superbes sous les fines lumières de Kelig Le Bars. La mise en scène prend ses distances avec les excès naturalistes et s’attache surtout, dans la projection de la parole, à relier et amplifier les interprétations des sept jeunes comédiens de l’Académie, accompagnés pour l’occasion des expérimentés Scott Turner Schofield (Stéphane) et de Jutta Johanna Weiss, intense et bouleversante mère courage, écartelée entre son amour maternel et son affrontement avec une douloureuse réalité.

© Alain Fonteray - CDDB

La Faculté, texte Christophe Honoré, mise en scène, scénographie et costumes Eric Vigner, avec Vlad Chirita, Lahcen Elmazouzi, Eye Haidara, Hyunjoo Lee, Tommy Milliot, Nico Rogner, Isaïe Sultan, et Scott Turner Schofield, et Jutta Johanna Weiss. Lumière Kélig Le Bars, son Yann Harscoat. Durée : 1h 50. En tournée 2012/2013 au Théâtre de Lorient, Théâtre national de Toulouse, Comédie de Clermont-Ferrand, CDN - Comédie de Reims, CDN – Orléans Loiret Centre.

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1 Message

  • La Faculté de Christophe Honoré 24 janvier 2013 14:13, par bb

    Une daube sans nom !
    Comédiens mauvais, mise en scène ennuyeuse pour ne pas dire pénible. Bourrée de clichés !
    Les acteurs gueulent trop fort... ou jouent aux acteurs. A aucun moment on n’entre dans la pièce. On se fait chier et on attend patiemment la fin non sans souffrir d’ennui.

    repondre message

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