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Critiques / Autres Scènes

L’Idéal club par Les 26000 couverts

par Corinne Denailles

Cabaret burlesque

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Avec les 26000 couverts, une chose est sûre, la morosité n’est pas de mise. Cette petite bande d’artistes qui sait faire rire sans complaisance ni démagogie a contribué à la popularité des arts de la rue. Pour leur précédente création, ils avaient chahuté Shakespeare dans une étonnante parodie de plein air ; ce fut un spectacle mémorable. Cette fois, l’idée est bien différente. Il s’agit d’imaginer ce que pourrait être un cabaret idéal. Sous un chapiteau (bien chauffé), le metteur en scène Philippe Nicolle joue son propre rôle ; il dirige les répétitions au cours desquelles les comédiens sont censés faire des propositions qui correspondraient à l’idée qu’ils se font d’un numéro idéal. Le résultat flirte volontiers avec le ringard, exercice périlleux menacé constamment de chute dans le premier degré ce qui n’arrive jamais, même si tout n’est pas également réussi.

On verra ainsi, outre des numéros tellement absurdes qu’ils font rire, une chanteuse excédée qui tabasse le percussionniste ; des trapézistes au sol (le plaisir sans le risque !), une hilarante chorale de cartons d’emballage, un beau numéro de mime sur fond de bruitages. Sans oublier les gags à répétition avec l’artiste qui ne sait jamais quand c’est à lui ou la famille de l’un d’entre eux qui joue les comparses trublions dans la salle. Le spectacle est un peu long, d’ailleurs le metteur en scène lui-même, désamorçant la critique pour mieux s’en moquer, convient qu’un bon spectacle ne doit pas durer plus d’une heure et quart. Mais comme les feux d’artifices, le plus beau c’est le bouquet final, une scène de comédie musicale endiablée dont on ne dira rien de plus pour ne pas gâcher le plaisir de la surprise. L’ensemble est conduit par un groupe de musiciens qui balancent bien et savent aussi jouer les cow-boys dans un numéro très drôle de flûte à bec. L’humour en liberté qui préside à ce cabaret souvent bien déjanté est à la fois une invitation à secouer la routine et la pensée fast food sous couvert de blagues parfois potaches. Rire et penser seraient donc compatibles, voilà une bonne nouvelle. D’ailleurs, avez-vous jamais réfléchi à ce que pourrait être un cabaret idéal, un monde idéal ? Au fait, qu’est-ce qu’un idéal ?

L’idéal club conception 26 000 couverts, mise en scène Philippe Nicolle, assistante à la mise en scène Sarah Douhaire, écriture collective sous la direction de Philippe Nicolle. Avec Kamel Abdessadok, Christophe Arnulf, Sébastien Bacquias, Servane Deschamps, Pierre Dumur, Aymeric Descharrières, Sarah Douhaire, Olivier Dureuil, Florence Nicolle, Philippe Nicolle, Daniel Scalliet.
Décor Michel Mugnier et Anthony Dascola ; costumes Sophie Deck et Laurence Rossignol ; lumière Thomas Parize.

Au Monfort jusqu’au 9 janvier 2011, du mardi au samedi à 20h30, dimanche à 17h, 24 décembre à 17h, relâches les 7, 25, 26 décembre et 1er janvier sur l’esplanade du Parc Georges Brassens.

Durée 2h30.

Photo Claire Lacroix

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