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Critiques / Théâtre

L’Atelier volant de Valère Novarina

par Corinne Denailles

Des débuts prometteurs

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Derrière le titre de cette première pièce de Novarina écrite en 1971, qui évoque Molière et la commedia dell’arte, on trouve un objet théâtral étrange, une sorte de brouillon brillant, chaudron de la création dans lequel on peut décrypter la genèse de l’écriture singulière de l’écrivain. Nous sommes en 1971, dans le sillage des engagements politiques de 68, et, soit dit en passant, le tableau que l’auteur dresse de la société, du monde du travail, de la lutte des classes et de la crise économique n’a malheureusement rien perdu de son sens. A la révolte des ouvriers fait écho celle du langage qui tente d’échapper à l’oppression du formalisme et rêve de liberté.

Le scénographe Philippe Marioge et le compositeur Christian Paccoud, les deux vieux complices de talent de Novarina, déclinent le vocabulaire que l’on connaît. La scénographie est dans la lignée de l’Acte inconnu et du Vrai sang, sur fond noir, éclairé par la toile peinte par l’auteur, cubes et éléments géométriques aux couleurs vives dessinent l’espace abstrait du jeu au rythme des belles mélodies fort bien chantées par les acteurs. On aurait aimé plus de musique, sur le mode de l’Opérette imaginaire, et entendre davantage la belle voix d’Olivier Martin-Salvan, l’horrible patron meneur de troupe.

Encore attaché à la situation théâtrale, Novarina travaille le langage au corps pour le substituer à l’action et pour faire advenir le corps verbal sous la peau de l’acteur. Mais la transmutation n’aboutit pas, si bien qu’on perd de vue le concret de la situation pour se retrouver égarés en plein brouillard. La tentative de subversion de la langue censée faire écho à celle des travailleurs, tourne court. Novarina a coupé son texte, mais pas assez. Bien que semé de quelques premières pépites langagières,la pièce n’est encore que le laboratoire où le poète travaille à l’alchimie du verbe. Le spectacle intéressera certainement les spécialistes de Novarina.

L’Atelier volant, texte, peinture et mise en scène de Valère Novarina. Scénographie, Philippe Marioge. Musique, Christian Paccoud. Lumières, Joël Hourbeigt. Costumes, Renato Bianchi. Avec Julie Kpéré, Olivier Martin-Salvan, Dominqiue Parent, Richard Pierre, Myrto Procopiou, Nicolas Struve, René Turquois, Valérie Vinci. Au théâtre du Rond-point, du 6 septembre au 6 octobre, dimanche 15h, à 21h. Tél. 01 44 95 98 00.
www.theatredurondpoint.fr

Photo : Giovanni Cittadini Cesi

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