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Critiques / Théâtre

L’Affaire de la rue de Lourcine d’Eugène Labiche

par Corinne Denailles

Boulevard du crime

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Monsieur Lenglumé se réveille un matin semi-comateux d’une bringue de la veille dont il n’a plus guère de souvenir tant il était gris à son retour. Le bourgeois a mal aux cheveux, c’est le moins qu’on puisse dire. Qu’elle n’est pas sa surprise de découvrir, ronflant à ses côtés, un homme qui ne lui rappelle rien. Mistingue lui se souvient. Ils ont passé la nuit ensemble. Seulement voilà, Lenglumé avait fait le mur et pas question que la bourgeoise découvre la vérité. L’affaire se corse quand les complices découvrent dans leurs poches de curieux objets qui, à la lecture du journal, prennent l’allure tragique de pièces à conviction. La comédie est nouée ; de quiproquos en malentendus, ils n’en ont pas fini avec les sueurs froides devant l’épouse et la bonne qui ne comprennent rien à leur cirque, évidemment. Exit le décor bourgeois, seul au centre du plateau, trône le lit. Cet unique espace de jeu complique quelque peu la vie des acteurs ; pas facile de jouer en équilibre sur un matelas. Parti-pris qu’on pourrait imaginer volontairement déstabilisant. Tout est décalé à gros traits, le décor, les costumes, le jeu des acteurs. Labiche n’est malgré tout pas Ionesco ; il y faut du rythme (non de la vitesse) et de la fluidité, on attend un exercice de style enlevé. Jérôme Deschamp avait assez bien réussi à atténuer la comédie au profit du versant noir, mais avait perdu l’allant de la pièce qui en fait tout le sel. Entre comédie absurde à la Ionesco, polar à la mode de Bretagne et farce cruelle, la mise en scène de Benoît Lambert, en collaboration avec la MCNN (Maison de la culture de Nevers et de la Nièvre), perd un peu la tête comme ce pauvre Lenglumé. Les références sont multiples, le texte est revisité, probablement dans un désir de renouveler la lecture de cette pièce si souvent jouée.

L’Affaire de la rue de Lourcine d’Eugène Labiche, collaboration artistique Benoît Lambert, Antoine Franchet avec Olivier Broda, Louis Jolly, Cédric Joulie, Anne-Laure Pons, Eve Weiss. Au théâtre du Lucernaire. Du mardi au samedi à 18h30. Durée : 1 heure. Tél : 01 45 44 57 34.

Crédits photographiques : Pascal François

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