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Critiques / Opéra & Classique

Katarina Ismaïlova de Dimitri Chostakovich

par Charles Rosenbaum

Chosta au sommet

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On n’ira pas jusqu’à écrire « merci » à Staline et à son âme damnée Jdanov ainsi qu’au courageux et anonyme critique de la Pravda. En 1936, CHOSTAKOVITCH avait été désigné comme un ennemi du Parti Communiste et son opéra « Lady Macbeth de Mzensk », qualifié de chaos musical, de galimatias confinant à la cacophonie. En 1953, après la mort de Staline, le compositeur rendu prudent, préféra revisiter l’opéra le titrant « KATARINA ISMAÏLOVA ». Le Châtelet et Radio France ont eu la très bonne idée de le présenter en version concert. En dépit du manque de lisibilité des sous-titres, on reste plus attentif à la qualité des voix. On ne sera pas tenté d’opposer « Lady Macbeth de Mzensk » à son clone, il ne s’agit en aucun cas de succédané. CHOSTAKOVITCH a voulu gommer l’aspect brutal de son héroïne, triple meurtrière et assoiffée de sexe. Dans « KATARINA ISMAÏLOVA » inspirée d’un fait divers connu, relaté par Nicolas Leskov, CHOSTAKOVITCH s’est surtout efforcé d’améliorer le texte et la musique. Il en a atténué la stridence, la rudesse parfois très âpre de l’orchestration et ajouté deux interludes, et surtout en a supprimé les débordements érotiques. Et avec tout cela, on a retrouvé une atmosphère musicale plus sereine, souvent même plus harmonique. «  KATARINA ISMAÏLOVA » a été fort bien servie par l’orchestre National et les Chœurs de Radio France.

Le jeune chef russe Tugan Sokhiev, actuellement à la tête du Capitole de Toulouse, a démontré avec grand brio sa familiarité avec les subtilités de la musique de CHOSTAKOVITCH. Il a réalisé son numéro avec maestria aidé par un casting remarquable. La chanteuse norvégienne Solveig Kringelborn a non seulement donné une superbe interprétation vocale de « KATARINA ISMAÏLOVA » mais a conféré une exceptionnelle présence scénique. Elle a chanté sans partition. On l’attend avec une impatience non dissimulée dans le rôle de la « Gräfin » du Capriccio de Richard Strauss qui fera l’ouverture de la saison 2007-2008 à l’Opéra National de Paris. Ses partenaires, les deux ténors Evgeny Akimov et Vladimir Grisho et la basse Alexeï Tanovitski ont été à la hauteur d’un brillant concert lyrique.


KATARINA ISMAÏLOVA de Dimitri CHOSTAKOVITCH, (version 1963 de LADY MACBETH de MZENSK) opéra en quatre actes et neuf tableaux sur un livret d Alexandre Preis et Dimitri Chostakovitch, d après la nouvelle de Nicolas Leskov , créé le 8 janvier 1963 au Théâtre Stanislavski de Moscou.
Orchestre National de France, direction Tugan Sokhiev, ChSur de Radio France sous la direction de Matthias Brauer.
Solveig Kringelborn (Katarina), Alexeï Tanovitski (Boris), Evgeny Akimov Zinovyï), Vladimir Grisho (Sergueï, Ludmila Dudinova Aksinia) Viacheslav Lukhanin (le portier, la sentinelle, le sergent), Vasily Gorushkov (un paysan), Ilya Bannik (le Pope, un vieux bagnard).

Théâtre du Châtelet - Représentations du 8 et 10 mars 2007

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